All posts by mai

Non Violence

L’autre jour, l’une d’entre vous m’a encouragée à lire ce bouquin de Rosenberg « Les mots sont des fenêtre, ou des murs. ». Cela me permet d’ailleurs de vous remercier pour toutes vos suggestions de lectures, de musiques, de vidéos. Faudrait qu’on puisse réunir tout ça quelque part !

Après avoir lu les 2 premiers tiers du livre, je me suis rendue compte que certaines des méthodes proposées sont déjà appliquées dans ma communication ordinaire et/ou en cas de conflit : par ex. j’essaie toujours de parler de moi et des sentiments qui sont miens, plutôt que de parler de l’autre et de ses fautes supposées. en d’autres termes, si je peux, je m’efforce de dire « je suis en colère », plutôt que « gros con ». Pour autant, Rosenberg pousse un cran plus loin les applications de cette manière d’être, de vivre. Car il ne s’agit pas uniquement de techniques de communication mais bel et bien d’une philosophie de vie. La bienveillance n’est pas qu’un mot vain… c’est un art de vivre !

et… c’est super dur!

  1. « Par delà les notions de bien et de mal, il y a un champ. C’est là-bas que je te retrouverai» Rumi

Oh mais que c’est dur ! Que c’est dur de ne pas envisager le monde sous l’angle du bien et du mal. Du « qui à tord/qui a raison » Du « qui est méchant / qui est gentil ». évidemment qu’une société a besoin de justice, que certaines choses soient respectées, que d’autres soient punies, mais cela ne concerne qu’une infime partie de nos relations. Or on importe aisément ce modèle sociétal (religieux même) dans nos rapports intimes : on attend que papa maman dise qui a raison, puis la maitresse, puis le boss, puis les amis (“nan mais tu es d’accord que j’ai raison?!) … etc mais combien de conflits, au fond, restent non réglés? combien de relations sont gâchées? combien de divorces sont prononcés sans que cela répare la relation des ex-membres du couple (qui doivent continuer à être parents des mêmes enfants)?  Ca ne fonctionne pas. Elle est là finalement la notion de bienveillance et de non-jugement : plutôt que de dire que l’autre est un con, peut être vaut il mieux que chacun exprime ses besoins personnels afin de pouvoir convenir d’un accord qui convienne profondément aux deux parties, et qui donc sera respecté pour le bien de tous.

Et ça, c’est bon pour tes relations pro, avec ton boss, tes pairs, mais aussi tes amis, tes ennemis, avec tes mômes, ton mec, ta meuffe, les personnes avec qui tu dois négocier, dealer, interagir… vivre !

Ça vaut donc le coup de s’y pencher ! j’ai mis 40 ans à comprendre. Donc si ca peut profiter, notamment aux plus jeunes lecteurs.rices, ne perdez pas de temps

2. Les 4 règles

 

Rosenberg dès le début du bouquin nous donne sa recette, les 4 temps qui déterminent la communication non violente :

  1. être factuel
  2. exprimer ses sentiments
  3. exprimer ses besoins par rapport à ces sentiments
  4. formuler une demande (précise)

Alors, c’est très simple, et en même temps… très dur, non ?! Il faut être franchement très fort.e pour être non violent.e.

Rosenberg en convient d’ailleurs, mais un peu vaut mieux que rien. Un pas après l’autre. Il balaie alors chacune de ces règles, avec des cas, des exercices, afin que vous puissiez évaluer votre compréhension de chaque concept.

Par ex. on pense parfois exposer des faits, alors qu’on expose son évaluation des faits. Donc au lieu de dire : « de toute façon, c’est qu’une égoïste », il faudrait mieux dire « elle a parlé toute la soirée ».

De même, pour le point 2. une phrase commençant par « j’ai le sentiment que » continue souvent non pas par des sentiments mais une opinion : « j’ai le sentiment que tu ne m’aimes pas » au lieu de « je me sens triste car on ne se voit pas assez ».

Rosenberg parle d’ailleurs très bien de certains de ses patients, incapables d’exprimer leurs sentiments : ils ne savent pas ce qu’ils ressentent. Ils n’ont pas appris à le faire.

Cela m’a beaucoup touchée que l’on puisse montrer comme la violence nait de cette impossibilité à exprimer ses sentiments. Parents, faisons quelque chose pour nos mômes ! Et commençons par nous-mêmes !

Sur la demande (point 4), aussi, c’était très éclairant : il faut être factuel encore une fois et très précis : « j’aimerais qu’on m’aime » par ex n’est pas une bonne demande car elle peut être comprise de mille manières par l’autre personne. Mieux vaut dire « j’aimerais que tu ranges tes chaussettes parce que cela est une marque de respect vis à vis de moi et que nous avons mieux à partager. »

3. les conditions de la non violence

outre ces 4 règles, Rosenberg nous éclaire sur certaines aptitudes à développer pour appliquer l’art de la CNV. encore une fois, comédie limpide et… pas si facile à appliquer. un pas après l’autre toujours.

être responsable de ses actes : on ne peut être en relation véritable à l’autre sans cela. la dé-responsabilisation est un très bon ancrage à la violence, jusqu’à en arriver à toutes formes de fascisme.

l’empathie : respecter l’émotion de l’autre, ne serait ce qu’en la reconnaissant.

la bienveillance avec soi-même : en reconnaissant sa singularité, en agissant ou parlant non pas depuis un sentiment de honte ou de peur, mais dans le respect de ses besoins profonds (a reconnaître donc). la connaissance de soi est le meilleur chemin de la bienveillance. pour soi. puis pour les autres.

 

4. des exemples éclairants

Le livre regorge d’anecdotes et d’exemples dans lesquels j’ai très bien vu mon intérêt à développer des compétences en communication non violente ! J’espère qu’ils vous plairont aussi ! cheers !

 

Jake

merci pour tous vos messages et commentaires et aussi, votre colère et votre chagrin et votre intelligence et votr empathie… on est vivants!

je reviens bientôt dessus car cela m’inspire d’autres choses. mais aujourd’hui, je voulais surtout vous présenter un homme (vous voyez on reste dans notre sujet quand même!)

Jake

comme vous le voyez, il est pas comme tout le monde. les gens que je rencontre à Spirit Horse peuvent être qualifiés d’étranges…. et oui quel « weird kid »!

donc vous n’êtes pas obligés d’élever votre enfant dans les bois comme ce fut le cas de Jake, mais juste sachez que ça existe. qu’il existe. qu’il a intégré l’université en musique. que ça m’inspire. ce corps vêtu de noir et de graines affricaines, cet esprit auquel je ne comprends rien, ce jeune homme de 19 ans, qui danse comme une âme ancestrale pour une rivière!

oui on peut donc aimer sans rien comprendre.

MERCI!

Jake

I have met Jake at Spirit Horse. indeed. i don’t understand anything about him. maybe the fact he has grown up in the woods (literally) with his parents and sister makes him so odd to me. i don’t understand Jake, but… i love him. and i am so grateful to live a life that gives me such abandunce of encounters and experiences and feelings.

Jake is now studying music at university. in town. but not far from a river. he even lives in one : in a submarine !

merci beaucoup young man!

Je suis Gentil

j’essaie d’écrire ce post depuis 3 , 7, 10, 15, 17 jours sans y parvenir. une agitation certaine m’empêche d’y voir clair. certaines réflexions me reviennent en même temps de manière obsessionnelle…

la stratégie du post où “je pars me perdre sous l’orage et puis on verra bien”  est enclenchée.

 

1- ME TOO

plusieurs fois, dans différentes situations. nous en avions déjà parlé. et toujours cette double peine d’être à la fois victime et à la fois « coupable »; coupable de ne pas l’avoir dit, d’être habillée comme ci, d’être maquillée comme ça. enfin ah non, attendez… c’est pas totalement vrai, je n’étais pas toujours coupable… parfois ça faisait juste beaucoup rire l’assemblée…

chagrin.

donc double peine de subir ces assauts mais aussi le manque de compassion. et pour être honnête, je ne sais ce qui m’a le plus marquée. car en fait c’est la même chose. la double peine d’un manque de compassion pour moi. le message envoyé par l’agresseur et “mon” entourage étant le même : c’est pas grave… toi, on s’en fout!

allez voir la vidéo de Léa Bordier (qui m’avait filmée pour Cher Corps), elle est canon!

 

2- COMPASSION

cet élan sans précédent a eu un effet bien différent de ce que j’avais toujours vécu jusque là : développer mille conversations autour de moi. je suis bouleversée par les témoignages, par la souffrance (allant du raz le bol à la détresse) de toutes ces femmes jusqu’à maintenant réduites au silence. mais qui une fois connectées, dans un élan commun, ont réussi à en sortir. les rs ont du bon!

on a bcp parlé de colère ici (ok ici et ici aussi)(bon ok ici et ici aussi!), de la nécessité de l’exprimer. de ne pas avoir peur de le faire. nous devons apprendre à nous plaindre! nous devons grandir et ne plus être des petites filles dociles. nous devons éduquer nos enfants de cette manière. comme le disait Pinkola Estés dans Femmes qui Courent avec les Loups, les rendre aveuglément obéissant.es et trop gentil.es est dangereux pour eux.lles! VIVE LA COLERE! et, les meuffes, si vous n’avez pas été éduquez comme ça, explorez, prenez votre place, et osez la colère, malgré… la vulnérabilité qu’elle amène (car oui putain que va t on penser de vous?)(nan mais FUCK!)(allez go go gO!).

les meuffes, c’est juste énorme ce qui est en train de se passer. bravo à nous!

et… les mecs, c’est juste énorme ce qui est en train de se passer. vous réagissez! avec de la colère aussi, de la tristesse aussi, de la vulnérabilité aussi et donc, du partage et une compassion retrouvées.

loin de nous opposer cette colère nous réunit de manière créatrice. 

si vous vous rappelez de Kali, déesse colérique, mangeant des hommes, la langue tirée, montrant un collier fait des têtes de ses victimes, qu’a t elle sous ses pieds?… son mec, Shiva. il chill sous son pied. Car l’homme, n’a pas peur de la colère de sa femme. car cette colère bouffe l’ignorance des hommes (ou les hommes ignorants).

piting mais à nous Kali!!!!!!!!! Sans colère… pas de partage véritable… pas de compassion véritable … pas de pardon véritable… pas d’amour véritable!

et si vous n’êtes pas férue de déesses indiennes, lisez juste cet article sur l’aspect cathartique du #balancetonporc

tellement d’hommes autour de moi, dans ma timeline, s’interrogent, se remettent en question, cherchent à panser les plaies, présentent des excuses, appellent les copains qui se sont mal comportés… etc

franchement c’est sans précédent et ça me bouleverse.

les gars qui se sont mal conduit : n’oubliez pas de présenter vos excuses. même 20 ans plus tard ça fait du bien. à elle. comme à vous. comme à nous.

hommes et femmes qui autrefois riiez dans le métro, qui autrefois avez assisté lâchement à des choses pas cool mais ne saviez pas comment réagir, ne restez pas bloqué.e sur votre peur (de vous montrer vulnérable), concentrez vous sur la personne victime, agressée qui a besoin d’aide. faîtes quelque chose, que ce soit avec un inconnu (« ah marguerite te voila, ça va? désolé.e je suis en retard. » et le mec partira sans que vous ayiez à vous battre) ou au contraire par qn que vous connaissez (évidemment c’est plus dur, on en reparle après). ou juste apportez un réconfort.

 

3- MERCI QUAND MEME

il y a évidemment, à visage désormais découverts, ceux qui se pensent dans leur bon droit, qui se pensent gentils et cools. et évidemment tous.tes ceux et celles qui les soutiennent.

et cette phrase qui sans cesse revient “nan mais je suis, il est gentil.”

je suis effondrée pour leurs victimes, qui ne trouveront pas réparation auprès des auteurs de ces actes. je leur souhaite que l’expression, la reconnaissance de leur souffrance par le reste de la société, de leurs proches, va tout de même les aider à dépasser l’humiliation, la honte ressenties. et tout le reste.

je suis en même temps effondrée pour les bourreaux. je n’excuse pas leurs agissements, qu’ils soient légers ou répugnants, mais je suis désolée pour eux, de savoir leur aveuglement si grand, et leur coeur si petit.

je leur dis en même temps “merci” car il y a désormais des visages parfois ordinaires (y a pas que Harvey, il y a certains “copains” aussi) posés sur cette violence qui ne devrait pas l’être (ordinaire).

on ne pourra plus nous dire que tout cela n’était qu’exagération fantasmée et hystérique. c’est bien qu’on sache qui est qui. quoi est quoi. qui couvre qui. avant tout se faisait sans visage et sans faits avérés. nous sortons de l’obscurantisme “mais nan ça n’existe pas”. vive la vérité. cette fameuse culture du viol dont on nous a dit qu’elle n’existait pas n’est désormais plus réfutable, et elle n’oppose pas les bons et les mauvais, les hommes et les femmes, elle empoisonne TOUTES nos relations! fais chier!

si vous avez du mal à mettre des mots ou des comportements “ordinaires” sur la culture du viol prenez 60 sec et regardez ça.

 

4- GOOD GUYS… AH OUI?!

Car oui, autour de moi, il y a beaucoup de good guys. il n’y a que ça même. pourtant, j’en connais plein qui peuvent s’être mal se comporté. parce que prédation, parce que le groupe, parce que ne sachant pas comment reprendre publiquement un copain. etc.etc

ce qui compte donc n’est pas de se trouver gentil mais de bien se comporter

notre société nous a formaté.es à être « gentil » et pas « méchant ». mais putain, cette dichotomie est faite pour des mômes (et encore pas pour les miens, merci!) et nous sommes justement en âge de devenir… ADULTES!

dans ceux qui ont pu avoir un mauvais comportement, il y a ceux qui se repentissent… “pardonne moi” et les autres… ‘nan mais vraiment, vraiment, je suis gentil”. on a ici une magnifique illustration de personnes qui se pensent sincèrement gentilles, mais qui peuvent s’avérer véritablement dangereuses.

faisons désormais attention aux gens qui se disent gentils! on n’est plus de petits chaperons rouges! et donc

à la dichotomie GENTIL/MECHANT, je lui oppose volontiers celle ci : GRANDIR ou PAS.

et si on applique ça à d’autres champs que l’agression sexuelle, on revient au besoin de perfection dont nous avions parlé. perfection qui vient nécessairement avec sa toxicité : toujours nier l’autre pour ne pas être égratigné (“mais elle fait chier celle là”)(tout dans cette phrase est abjecte). et l’on voit bien ici comment s’active un dark side dont on n’ignore jusqu’à son existence : notre besoin de nous montrer parfait/gentil nie forcément l’autre qui pointe à quel point on ne l’est pas.

(encore une fois, allez voir “I’am Not Your Negro” de Raoul Peck, Balwin y décrit très bien ce mécanisme appliqué au racisme)(car oui sexisme, racisme etc procèdent de la même logique : se penser meilleur, et y sacrifier la compassion)

pour avoir eu des comportements toxiques, je connais par coeur, ne pas oublier que ce mécanisme en d’autres circonstances peut s’activer en moi, en toi, en n’importe qui.

merci pour cette leçon.

 

 

5- MAUVAIS GENRE?

 

alors, on fait quoi maintenant? parce qu’au final, oui, il faut pointer des comportements destructeurs, on peut essayer de grandir, oser se plaindre, oser faire amende honorable, certainement éviter ceux qui ne veulent pas se remettre en question. mais quoi?

en commençant le post j’ai demandé plus de compassion pour moi-même. il me faut bien en montrer en retour. car au final, on va tous vivre ensemble. aujourd’hui, demain, avec les bons copains, les moins bons, les types qui te haranguent dans le rue etc.

ça faisait longtemps que l’on n’avait pas évoqué le thème du genre ici. sans doute avais-je répondu, même temporairement, à mes propres questions. disons le de cette manière :

je veux l’égalité des droits entre les êtres. je crois en la différence masculin/féminin, je crois aussi en une nécessité de cette différence. je veux une société qui ne soit pas normative, mais qui nous aide par sa culture, parfois donc archétypale, à grandir, dans notre quête de singularité, comme d’universalité. en tant qu’être vivant, en tant qu’humain, en tant que femme, en tant qu’homme. ou autre (tbd).

(je suis évidemment anti-patriarcat)

 

5_1 “Like me!”

donc si je reviens à mes moutons, on va pas faire la société uniquement dans un désir de femmes fortes et de sororité. car demain, mes enfants (j’ai une fille et un fils) vont vivre ensemble, avec une société pas uniquement faites “de soeurs fortes” et de prédateurs en puissance. et 53% des américaines blanches votent Trump. les prédateurs ne s’en prennent pas qu’aux femmes. donc c’est pas un truc genré les femmes-soeurs d’un côté, puis les hommes ensuite, c’est une idéologie mêlant les unes et les autres, il faut construire cette société avec les femmes ET les hommes. de la compassion on a dit!

COM PAS SIOOOOOONNNNNNN!!!!!!!

compassion… partager les passions?

ah ouais donc la compassion ça demande à ce qu’on prenne en compte les passions. mais comment les partager et les reconnaitre chez l’autre si je les ignore en moi?! comment demander de la com-passion alors que nous vivons dans une société qui nous demande de ne pas en avoir (pour être rationnel.le et prendre les bonnes décisions)(genre).

et sans cesse, je repense à cette phrase “je t’assure, en fait, je suis gentil!”. je peux continuer à la prendre dans le jugement : “bah moi aussi je suis gentille, c’est quoi ce niveau de débat?! wow, grandis un peu! nan mais oh… TU VEUX TA TETE COUPEE SUR MON COLLIER ou?”.

je peux aussi développer de la compassion et je repense à Grayson Perry, à toutes les stratégies développées par les hommes pour finalement demander à l’autre “like me!” et je vois ici aussi se jouer toute la fragilité, peut être très masculine, ce qu’il appelle “l’illettrisme émotionnel”.

pourquoi les ténors du patriarchat nous obligent à annuler nos émotions?  ça n’est pas pour prendre de meilleures décisions mais parce que eux mêmes sont des… HYPER EMOTIFS! (c’est grayson qui le dit).

donc pas de compassion sans exploration des passions et des émotions. les gars, allez y! on vous file un coup de main si vous voulez!

ainsi plutôt de que développer des femmes fortes et leaders “comme des hommes”, ce qui revient à dire que nous appliquons toujours un idéal masculin (et la mysoginie qui va avec); je préfère

développer des hommes forts… comme des femmes : explorons et partageons ensemble nos émotions.

 

nous sommes très loin de la société gentil/méchant non? mais ça demande de re-setter notre éducation pour nos enfants, mais aussi pour nous mêmes. ne pas clore le débat à “ça c’est gentil, ça c’est méchant”. l’amener à : là il y a un problème, explorons pourquoi afin de trouver des solutions.

 

5_2 Restauration et réparation

lorsque je vois les mecs qui crient au scandale, pour eux mêmes ou leurs copains, je suis d’un côté outrée et en même temps, pour ceux que je connais en tout cas, je crois… en leur sincérité. je mesure la fragilité immense de quelqu’un qui ne veut/peut pas envisager la menace de l’exclusion (du groupe de copains, de la gente féminine tant convoitée, de la position dominante, du… paradis). ce qui est totalement irrationnel vu que c’est justement son comportement qui l’exclut du groupe.

dans la société Maori, la justice se pratique d’ailleurs ainsi : non pas uniquement de manière légale, avec prison (exclusion) à la clé, mais de manière humaine. cette justice se dit “restauratrice” car elle met au centre la victime, et ses proches en lui reconnaissant le tort qui lui a été commis, mais en même temps, elle facilite pour l’auteur du crime/délit la compréhension de ses actes et responsabilités en instaurant un dialogue entre les 2 parties.

ainsi ce qui est jugé est l’acte et non la personne, qui reste intégrée socialement. ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de violence, qu’il n’y a pas de prison, mais si la personne comprend l’autre, comme le dit Jerry, si elle cesse d’objectiver l’autre comme “a bitch”, “a arshole”, etc alors c’est gagné, son âme sera guérie et la société un peu avec. apprendre à chacun la compassion, svp. notre société en manque cruellement (quoi je me répète?!)

comme le dit mon mec “oui à la colère, oui à poser des limites, mais à la fin, il faudra bien dialoguer”

et je ne dis pas que ça va marcher pour tous les prédateurs hein, mais enfin, il va bien falloir que l’on dialogue davantage entre hommes et femmes si l’on veut construire quelque chose ensemble.

 

5_3 être un homme… un vrai?

je mesure aussi “l’effet de groupe”. bcp d’hommes, de jeunes hommes, comme de moins jeunes, pensent encore qu’il faut être insultants, vulgaires vis à vis des femmes pour faire partie du groupe, “en être”. être un homme, un vrai. pense t on.

mais si c’est le cas, peut être que nous devons écouter non le besoin de brutalité (encore que… si en fait c’est primordial)(mais on en parle une autre fois) mais celui “d’être un homme”. parce que c’est un besoin que nous ne devons peut-être pas ignorer : prouver qu’on est un homme. car si c’est le cas, les gars, il y a beaucoup d’autres solutions. de solutions qui intégreraient aussi beaucoup d’hommes qui ne se reconnaissent pas dans cette brutalité, et qui de manière toxique se demandent souvent “suis je un homme “quand meme”?”

je reste très inspirée par ce que nous disait Shivam et la nécessité d’une culture du genre, ou des genres. et c’est pas parce que notre société a une culture du genre catastrophique qu’il ne faut plus de culture du genre du tout. encore une fois pas pour normaliser les êtres et les relations mais pour les aider dans une exploration. ritualiser les choses. être humain, être adulte, oui, mais aussi être femme ou homme. encore une fois, ou autre (les sociétés native-américaine comptaient 5 genres).

 

bon… je me suis totalement égarée. suis au milieu d’un bois là. vous m’entend encore?

me vient alors ce qu’un guru enseignait à mon chéri

“la plus belle preuve d’amour est d’apprendre à l’autre comment t’aimer”.

vous allez me dire “c’est compliqué”

et je vous répondrais

OUI! <3

Cher Corps

So honored and happy to be part of Lea Bordier’s project. “Dear Body” is as exciting as it is useful. it is Lam who made me discover his chain and neither one nor two I contactee lea. This was followed by a long discussion which allowed me to take stock of all the evolution experienced in my relationship with the body. because obviously it’s so much more.

 

do not hesitate to share! and beautiful week <3

Harry Potter

oui oui oui 100 ans plus tard : un post sur Harry Potter. carrément! jusque là, il ne m’intéressait que peu. mes frères étaient totalement fans, mais rien n’y faisait, ma curiosité ne s’activait pas. et puis l’autre jour, je tombe sur un philo magazine, spécial Harry Potter. carrément!

après plusieurs tentatives de lecture, j’ai fini par le jeter car je ne comprenais évidemment pas la moitié des articles mais 2 idées m’ont cependant fait l’effet d’une flèche en plein coeur : l’empathie, la transformation. Harry champion de l’une, JK, reine de l’autre.

une étude a en effet été menée sur les premières générations de fans d’Harry, maintenant devenus adultes. résultats : ces millenials sont plus politisés, plus ouverts à la diversité, moins autoritaires, plus tolérants… wahou! l’idée qu’une oeuvre puisse transformer positivement et profondément des générations entières d’enfants et futurs adultes, m’a totalement bouleversée. si l’on repense à ce que disait mon frère “une mauvaise oeuvre est une oeuvre sans conséquence”, eh bien JK, t’es pas venue sur terre pour rien! cela m’inspire infiniment en tant que bloggeuse et réalisatrice… et même personne. nous avons parfois des débats avec mon chéri, qui est donc thérapeute mais qui aussi écrit des bouquins, fait de la musique etc : c’est parfois difficile d’être authentique dans ce que nous exprimons (qui à en devenir obscur), et en même temps de rendre ses idées communicables et actives pour les autres (quit à vendre son âme).

car oui cette idée non plus uniquement de m’exprimer, mais aussi de communiquer voire de transformer, me donne des frissons. nous avions parlé l’année dernière de Sasha, et de son workshop de Tantra, ça s’appelait “seeds of transformation” et voilà, je me sens très en adéquation avec cette idée. que faisons nous pour nous transformer nous-même? et si cette transformation est “vraie”, pouvons-nous la potentialiser pour aider d’autres personnes à le faire? qui? comment? etc

j’a-do-re!

les vacances nous ont donc permis de tous nous y mettre à la maison. Tâm a ainsi lu la totalité de 7 tomes quasiment d’une traite. et nous sommes en train de le faire avec Léo. c’est d’une force! mais pas que. car il y a beaucoup de choses que je trouve “d’une force” (beaucoup de séries notamment), mais à la fin qu’est ce que ça m’apporte? comment ça me nourrit? breaking bad par exemple je trouve ça d’une force mais je peux plus faire l’amour pendant 1 semaine après tellement je me sens mal : c’est donc niet!

comme je le dis souvent ici, notre monde est saturé d’intelligence, de force; mais si peu de sagesse. alors ici, JK, elle nous donne tout, et ça me touche : ça transforme, ça fait grandir, c’est moral mais complexe. incroyable!

je me suis rendue compte aussi que j’étais incapable de parler de guerre avec mes enfants. et suis très heureuse qu’ils aient ça pour s’initier là où je ne peux le faire.

mes parents ont pourtant fui la guerre, ma mère a connu sa première neige à 17 ans. et sans doute que cette allégorie au nazisme et à la guerre, guerre contre le “mal”, “mal” parfois intérieur aussi “nous avons du bien et du mal en chacun de nous” dit Sirius à son filleul Harry, lui demandant pourquoi il est tout le temps en colère, l’errance du réfugié, tout cela sont des thèmes au combien importants aujourd’hui et qui se trouvent retranscrits ici de manière sensible et je dirais “efficace” : encore une fois, ça transforme. car il n’y a pas que le récit, il y a ici un récit qui développe de l’empathie, une fiction qui fait mieux comprendre le réel et développe des aptitudes chez le lecteur.

donc voilà, je reviendrai sur cette idée de guerre et d’empathie très vite (ceux.lles qui suivent mon IG ont peut être suivi cette story dans la Baie de Somme), mais voulais déjà vous parler de ça. car certaines personnes me posaient la question de “par où commence-t-on” notre chemin et pour ma part, si ce chemin ici avait commencé ainsi : explorer tout en m’exprimant (afin de me comprendre). il continue aujourd’hui ainsi : me transformer tout en communiquant (je vous laisse continuer?).

mille bises

Harry Potter

yes yes yes 100 years later: a post about Harry Potter. definitely! until then, it doesn’t seem very interesting to me. my brothers were totally fans, but it didn’t help, my curiosity wasn’t aroused. and then suddenly the other day, I came across a  philo magazine about Harry Potter. not less!

I try several times to read it and finally threw it away because I simply couldn’t understand half of the articles but however 2 ideas acted on me like a double arrow in the heart: empathy, transformation. in which Harry and JK are champion and queen.

a study has been conducted on the first generation of fans of Harry, now grown up. results: these millennials are more politicized, more open to diversity, less authoritarian, more tolerant … wow! the idea that a literary work can positively and deeply transform generations of children and future adults has totally disrupted me. Thinking back to my brother’s sentence « a bad work is a work which has no effect » , well JK, you didn’t come on earth for nothing! this inspires me very much as a blogger and film director. my lover (who is a therapist but also writes books, makes music, etc) and I often discuss together: sometimes it’s difficult to express yourself in an authentic manner, and at the same time to make your ideas more communicable and active for others.

and yes this idea to not simply express myself, but also to communicate or even transform, gives me chills. Last year we spoke about Sasha, and her Tantra workshop, called “seeds of transformation” and I feel perfectly in tune with this. what do we do to transform ourselves? and if this transformation is “real”, can we potentiate it to help other people to transform themselves? who? how? etc.

I lo-ve!

summer was the perfect time for us to try to read this literary work. so Tâm read the 7 books almost in one shot. and Leo and I are still reading them. it’s so powerful! but not only. because there are many things that I find « so powerful » (many series in particular), but finally what’s in it for me? how does it fills me up?  for example I find that breaking bad was very powerful but I felt so badly after that I wasn’t able to make love for 1 week: so niet!

as I often say, our world is full of intelligence and strength; but with so little wisdom. and here, JK, gives us everything, it touches me deeply: it transforms, makes us grow up, it’s moral but in the same time very complex. amazingly!

I also realized that I was unable to talk about war with my children (I’ll speak about it). but in another post…

however the fact that my parents fled the war and my mother discovered snow only when she was 17 years. no doubt that this allegory to Nazism and war, war against “evil”, also our own one sometimes « We’ve all got both light and dark inside us »  said Sirius to his godson Harry, asking him why he’s always angry, the wandering of the refugee, all these themes are very important today and are transcribed here in a very sensible and I would say “efficient » way: once again, this transforms us. there is not only the story, but also a narrative which develops empathy, a fiction which helps us to better understand the real.

so I will soon return to this idea of ​​war and empathy (those who follow my IG may have seen my story in the Somme bay), but first I wanted to talk about all this. because some people asked me “where do we start” our own way and personally, if this path had started here: to explore to know and understand myself on a deeper level – while expressing. this goes on today with: to transform me while communicating.

thousand kisses

Mai Koï

bonjour à tous!

le Koï Magazine vient de sortir et le premier numéro est en kiosque pour encore quelques jours. il traite des cultures asiatiques en France. Merci à son initiatrice, Julie Hamaïde, pour cette longue interview.

Auriez vous la gentillesse de la lire svp : ici

ayé?! oui, car c’est la première fois que je m’exprime réellement à ce propos et j’ai une peur bleue de raconter de grosses conneries (COMMENT CA JE SUIS CONTROLE FREAK?!!!!!).

dernièrement, et c’est nouveau, j’ai vu beaucoup d’initiatives des “asiat de france” :

> Ca Reste Entre Nous de Grace Ly, notamment avec cette vidéo sur les femmes asiatiques (vous verrez, il y a la même pour les hommes).

> le Rire Jaune évidemment, ma fille regarde à fond! j’aime bcp cette vidéo sur la double culture

> la semaine dernière je suis aussi allée à Vietnam Now, qui parle de la nouvelle génération de viet en France, et je m’y suis sentie “bien”. un sentiment de confort et de joie.

C’est marrant parce que j’ai été élevée par un père obsédé par notre intégration. par exemple, je parlais vietnamien avant de parler français et pourtant, à mon arrivée en maternelle, le verdict est tombé : je ne parlais pas assez bien français. on a donc arrêté de me parler viet de peur que je ne puisse intégrer cette complexité (les études que l’on connait auj sur la linguistique n’étaient pas sorties). je ne parle donc plus cette langue. je n’ai pas non plus grandit dans un voisinage viet, on fréquentait une communauté mais “de loin”. il me reste le meilleur : ma vraie fausse cousine (puisque tout le monde s’appelait tonton et tata, leurs enfants devenaient nos cousins.es) thuy nhan (aka TIN), pour ceux.lles qui suivent. mais pas davantage.

alors c’est un exercice très nouveau pour moi de parler de ça, car il y a en fait beaucoup à dire. en tout cas, n’hésitez pas à aller acheter KoÏ. les articles y sont particulièrement fouillés et intéressants!

cheers!

la beauté des Rituels

Voici mon 3e post sur ce que j’ai appris à Spirit Horse, car cette année nous sommes restés pour le rituel de clôture du festival “Caldron for All”. comme Shivam l’expliquait, Spirit Horse se nourrit de rituels.

alors je vous raconte aussi.

on a séparé les hommes et les femmes (*). Les femmes s’étaient toutes parées de coiffures, de feuillages, de fleurs, de belles couleurs et broderies. chaque groupe a appris une chanson commune, avec certains passages à chanter ensemble et d’autres où chacun chantait séparément tout en répondant à l’autre.

nous avions du mal à nous concentrer car nous entendions les hommes et leurs tambours répéter. on riait et nous sentions fébriles. Alex est arrivée avec des grandes feuilles séchées transformées en longues ailes. elle en a porté une paire le long de ses bras, ainsi qu’une jeune fille juste derrière elle.

je les regardais émue en me disant : pfff… elles y croient quoi! c’est beau les gens qui croient! c’est fou, juste d’y croire!

Les hommes sont alors sortis de leur lodge, ils chantaient haut et fort, avec des percussions incroyables. Les hommes s’étaient maquillés, ornés de plumes, de foulards et de belles étoffes. Les hommes ont parcouru le chemin central du village, puis traversé la rivière. toujours en chantant. Les hommes étaient sublimes.

alors, Fiona a dit : “qu’ils attendent!” ça nous a fait rire.

Alors, à un moment, Alex est partie toute ailée, suivie d’Aïana, toute ailée aussi. je pensais que nous allions rejoindre les hommes “direct”, mais bien sûr qu’il n’en fut rien. de méandre en circonvolution, les femmes ont parcouru TOUT le village. en passant par chaque pont, chaque tipi, chaque petite butte de la prairie, notre point de départ même, le women’s lodge; jusqu’à finir, à la rivière, devant un magnifique mandala éphémère, fait de fleurs et de fruits.

nous nous sommes positionnées en une longue ligne, le long de la rivière. en face des hommes, qui nous regardaient tout en continuant à chanter. nous étions encore silencieuses. toujours fébriles. alors Erika a fait un pas en devant, s’est retournées vers nous,  nous a regardées l’air de nous dire “qu’est ce que je vous aime” et puis : “you know the song, you must now believe we are one same body. we are one same body. one same breath.”

voilà, hommes et femmes. face à face, avec cette rivière pour nous séparer et nous unir. chantant la même chanson.

pffff.

et se faire face ainsi, yeux dans les yeux, tous plus beaux, plus belles, les uns, les unes que les autres, chantant, oui yeux dans les yeux. c’est d’une beauté folle.

il y eu ensuite plein de différents passages. un discours incroyable de Shivam, avec son éloquence ancestrale fabuleuse, on a invité les enfants à faire partir des bateaux sur la rivière, des grands mères à nous envoyer leurs pensées, on a béni deux jeunes gens qui souhaitaient tomber amoureux dans l’année… etc, etc.

m’est revenu ensuite en tête le mariage de mon amie Mathilde cet été, son discours devant toute l’assemblée pour son mari Thomas, m’est revenu une lecture sur la puissance de la ritualisation dans les familles. de part leur poétique, leur folie, leur gratuité, leur intensité, j’ai compris la force du rituel : mettre au diapason, unir de manière symbolique, codifiée, mais réelle et hyper puissante, une assemblée éparse. dire, se dire, reconnaitre, se reconnaitre, jouer, se jouer en une longue procession symphonique et colorée, ce qui, pourtant, pourrait se dire en 2 mots :

“we belong”.

et certainement qu’il n’en faut pas moins pour se signifier cette chose si merveilleuse, “we belong”, et ça va me nourrir pour des siècles et des siècles.

je vous envoie mille mille baisers…

 

(*) : je précise car il y a beaucoup de questions dessus à chaque fois, qu’il y avait des personnes transgenres et homosexuelles avec nous, positionnées dans la famille qui leur correspondait “naturellement” : une homme, une femme, ne positionne pas selon sa préférence sexuelle mais selon qu’il, elle, se sent homme ou femme. c’est très simple en fait! re- mille bises!

the Beauty of Rituals

Here my 3rd post about the things I’ve learned at Spirit Horse, and this year we stayed for the closing ritual of the festival “Caldron for All”. as Shivam explained, Spirit Horse feeds on rituals.

so, let me tell you.

men and women were separated (*). All the women had arrange their hair and decorated themselves with leaves, flowers, magnificent colors and embroideries. each group had to learn the same song, some parts to be sung together and others separately while responding to each other.

It was a bit difficult to stay focused because we could hear the men, in their own lodge, repeating with their drums. we laughed and felt feverish. Alex arrived with some large dried leaves which looked like long wings. she, and a young girl just behind her, wore a pair along their arms.

Then, the men came out of their lodge, they were singing high and loudly, accompanied by some incredible percussions. Men were all wearing make-up, adorned with feathers, scarves and beautiful clothes. Men crossed the central path of the village, then the river. while they’re singing. Men were sublime.

then, Fiona said: « Have them wait!” this made us laugh.

So, at some point, Alex and her wings left, followed by Aïana. I thought we were supposed to join directly the men, but of course it didn’t happen this way. from meander to convolution, the women traversed ALL the village. crossing every bridge, tipi, little mound of the meadow, even our starting point, women’s lodge; until we reached the river, in front of a magnificent ephemeral mandala made of flowers and fruits.

then we formed a long line along the river. just in front of the men.

the men were looking at us, while still singing. while we were still silent. but feverish. then Erika moved a step forward, turned and looked at us, and said: “you know the song, you must now believe we are one same body. we are one same body. one same breath.”

and we add our voices to theirs and we sing together.

so this river united us as well as it separated us. men and women. singing the same song. pffff.

and to face each other, eye-to-eye, one’s more handsome than the next. all singing, it was just crazily beautiful.

After that we had some tremendously emotional times such as an incredible Shivam’s speech, with his fabulous ancestral eloquence, we invited the children to put little boats on the river, asked grandmothers to keep us in their thoughts, we blessed two young people who wished to fall in love during this year .. etc., etc.

Then I was remind of my friend Mathilde’s wedding this summer, her speech for her husband, Thomas, in front of all the assembly, I was remind of a reading about the power of ritualization in families. their poetics, madness, gratuitousness, intensity, I understood the power of the ritual: to get in tunes, to unite in a symbolic way, codified, but real and hyper-powerful, a scattered assembly. to tell, say each other, to recognize, to recognize each other, to play, to play up in a long symphonic and colorful procession, what could be said in 2 only words:

“we belong”.

and it may take as much to show how much we care, how much this is sacred and  this will feed me now and for ever.

(*): I mention that because there’s always a lot of questions about it when they’re homosexuals or transgender people in the 2 groups. and a man, a woman is not determined by his, her sexual orientation but by who he, she believes he, she belongs too. that is as simple as that.