All posts by mai

Réussir

l’été dernier Jerry écrivait son prochain bouquin (à paraître en janvier 2018); l’un des passages disait en gros : peu m’importe que l’on ne souvienne de moi après ma mort.

glaçage de peau à la lecture de ces quelques lignes. “nan mais c’est pas possible, tu te mens à toi-même!”

(major LOL du transfert total… passons.)

et il me répond alors que pour lui, son grand-père était tout. il n’était pas connu, il n’était pas artiste, il n’était pas intellectuel, il n’était pas riche. peut être qu’un président l’aurait qualifié de “rien”, mais la vie n’est pas binaire héhé… cet homme était tout pour son petit fils. et il n’y a que ça qui puisse compter. rendre la vie d’une personne au moins, plus belle, après son passage sur terre. cette manière de voir sa vie a totalement transformé la mienne.

à propos, merci Simone…

depuis, on s’est ici plusieurs fois posé la question de la différence entre succès et réussite. et je pense que cette citation de Ralph Waldo Emerson l’explique très bien. que c’est beau! je l’ai trouvée dans une lecture sur la psychogénéalogie. Anne Ancelin Schützenberger, la chercheuse fondatrice de ce mouvement, n’est pas une grande écrivain, son bouquin est un bordel sans nom, mais il y a de nombreux passages extrêmement éclairants pour qui s’intéresse à la question.

je le lis dans le cadre de la réalisation de mon film, les Rivières, qu’il me tarde de voir naître, mais dont j’ai momentanément arrêté le montage pour cause de fausse route. il y a 1 mois, on s’est regardés avec le monteur et on s’est dit “ca va pas”. je suis donc en train de tout refaire. pffff si j’avais su que ce serait si dur! je ne regrette pas du tout de m’être lancée là dedans mais c’est vraiment comme une bataille (avec soi-même). quelle “épreuve”. mais j’entends bien la… réussir!

la semaine prochaine, on fête les 6 ans du blog. j’aimerais beaucoup faire un Facebook live. ça vous dit? de quels thèmes, questions aimeriez vous que l’on discute?

mille bises!

Succeed

To laugh often and much; to win the respect of intelligent people and the affection of children; to withdraw profit from good critics and let go betrayals from supposedly friends; to leave behind something good, a child in good health, a piece of garden or a society in progress; to leave the world a better place…to know even one life has breathed easier because you have lived. This is to have succeeded.

 

last summer, Jerry was writing his next book (launch in january 2018!); i read a bit of it, that was roughly saying : “i don’t mind not being remembered when i die.”

my skin got frozen while reading these few lines : “that is just not possible, you are making a fool of yourself!”

(major LOL for this complete transfer… ok check.)

and then he answers me, his grand father was everything for him. no one will remember him, he wasn’t famous, he wasn’t an artist, he wasn’t an intellectual, he wasn’t wealthy. my french president may have qualified him as “being nothing” but life is less binary. and this man was everything for his grand-son and that matters. make only one life better, thanks to you, make life better before than after you’ve been here. and this way to see life, and death, has totally transformed me.

since then, we have questioned here this notion of success, from inside vs. from outside. and i think this quote from Ralph Waldo Emerson totally captures it. i’ ve read it in a book about psychogenealogy. her founder, the researcher Anne Ancelin Schützenberger, is not a great writer and her book appeared to me so messy, but some bits are truly enlightening for those who are interested in that subject.

i am reading it while working on my movie, the Rivers, that i can’t wait to see take life, but for which i had to stop the editing process. 1 month ago we looked at each other with the editor and said “this is not working”. so i am rewriting it totally. and that is so hard! pffff! i never regret to launch myself in this adventure but what an ordeal. anyway, i shall… succeed!

thousands of kisses!

Monica

halalalala, c’est l’histoire très intime et infiniment universelle de mon amie Monica (post d’auj) et de sa fille Mathilde (post de jeudi). monica, je l’ai rencontrée il y a 15 ans, alors que je donnais des cours de maths avec Stephane, son futur mari. on s’est suivies, on a fait nos mariages respectifs. et puis on s’est perdues de vue. Stephane et elle ont une première fille, Victoria, puis une deuxième, Mathilde. j’ai des nouvelles. elles ne sont pas toutes bonnes. vous allez voir pourquoi. et puis un jour, en septembre dernier, je vois un status de Monica passer. il n’est pas comme les autres. ça se sent. alors je lis. j’ai la gorge nouée. c’est juste extra-ordinaire. c’est même un miracle.

c’est par ici :

 

Le 10 août 2012, nous avons eu le diagnostic de notre à l’époque très petite Mathilde.

Ce n’était donc pas “environnemental” (comprendre lié à une relation mère-enfant défaillante). Non, ce n’étaient pas des pleurs comme les autres.

Alors, j’aimerais vous dire que l’amour d’une mère a toujours pris le dessus, que peu importe sa différence, sa petite case en moins sur ce fichu chromosome 7, ça ne changeait rien. Ce serait un mensonge.

Il y a quatre ans, nous finissions la première semaine en “sachant”. J’avais lu au moins dix fois le dossier orphanet sur le syndrome de Williams. J’avais passé ma première nuit et les suivantes sachant pourquoi je pleurais, sachant pourquoi j’avais mal, sachant ce dont elle souffrait et souffrirai..

Comme je l’avais toujours fait jusque-là, j’ai bossé, appris, essayé de comprendre pour m’adapter, prévoir, faire ce qu’il fallait faire. En sachant, en connaissant, je pourrai gérer…

Puis on a fait tout ce qu’on nous a dit de faire, on l’a inscrite au Camsp, on a continué le défilé auprès des médecins spécialistes qui sont passés au nombre de 12, on a fait son premier dossier MDPH, son premier projet de vie. Mon mari a quitté son deuxième emploi pour libérer du temps pour cet emploi du temps de ministre. On s’est organisés.

Et puis… Puis il n’y avait plus rien à faire, à part faire avec, reprendre le cours normal de notre vie qui n’avait plus rien de normal. Il n’y avait plus rien à faire, uniquement constater la lenteur des progrès, l’absence de contact…

En fait je ne savais rien. Je ne savais pas à quel point ce serait difficile de se relever, difficile d’aimer cette petite fille et surtout, comme ce serait long… Je ne savais pas à quel point tous mes repères allaient partir en vrille, je ne savais pas que j’allais me perdre avant de me trouver réellement et pouvoir la rencontrer elle, ma fille. Je ne savais pas à quel point le sentiment de culpabilité serait sournois et écrasant, je ne savais pas à quel point j’aurai du mal à me voir comme sa mère. Une maman donne tout à ses enfants, alors comment se remet-on de ne pas lui avoir donné un génome complet?!?

Pour Mathilde nous n’avons pas envoyé de faire-part. J’attendais que ça aille mieux, et puis j’ai un peu oublié. Quand j’y ai repensé je me suis dit que personne ne comprendrait pourquoi je l’envoyais si tard.

Mathilde est née il y a 4 ans, 4 mois et 11 jours.

On m’a dit que ma fille aurait des traits caractéristiques physiques, intellectuels et comportementaux liés à son syndrome. Un peu comme si elle avait une fratrie en dehors de la sienne, une deuxième famille. Cette idée m’était insupportable. Cette petite fille dont je peinais à m’occuper appartenait par bien des cotés à une autre famille que la nôtre? Ce n’était pas le deal!! Je voulais une petite sœur ou un petit frère pour Victoria, un deuxième enfant pour agrandir notre famille, pas celle des Williams ou du handicap.

Je ne savais rien. Je ne savais pas qu’à cause d’une case en moins, toute notre famille gagnerait mille trucs en plus. Alors oui, je continue à penser que personne ne peut souhaiter ça et que notre vie serait plus simple si Mathilde n’était pas porteuse de ce syndrome.

Cependant, je trouve du bonheur dans cette deuxième famille. Elle est si grande, si diverse, si bouleversante. Dans cette famille on connaît bien la différence entre la pitié et l’empathie. Dans cette famille on mélange, on brasse, on milite parce que c’est devenu une évidence: nous sommes tous différents et cette différence sert à tous.

Dans cette famille on sait aussi ce que ça fait d’être rejeté. Quand bien même on a soi-même toujours tout réussi, on voit enfin ce dont certains sont capables envers ceux qui sont plus clairement différents, ceux pour lesquels la méthode standard ne fonctionne pas (parfois on n’essaie même pas). On voit comme c’est moche. Dans cette famille on sait aussi qu’on doit agir, adapter, improviser. On connaît le sens de l’effort, parce qu’on le voit chez notre conjoint, chez l’autre mère, l’autre père et surtout chez nos enfants. Qui seront stigmatisés car ils marcheront tard au lieu d’être valorisés pour la persévérance et les efforts qu’ils ont déployés pour y parvenir.

Dans cette famille, on comprend parfaitement que les différences de nos enfants suscitent des questions. Ce que l’on comprend moins c’est lorsque nos enfants suscitent le rejet. On ne comprend pas que des parents demandent à changer leur enfant de classe afin qu’il ne soit pas tiré vers le bas par le nôtre. On ne comprend pas non plus qu’on puisse décréter que nos enfants ne peuvent pas aller à la piscine ou à la sortie de classe sans nous avoir consulté.

Je voudrais qu’on en parle, qu’on en rit, qu’on en pleure, sans tabous, autant que nécessaire, du handicap, de la différence. Comme le font nos enfants avant qu’on leur apprenne que la curiosité est un vilain défaut. Comment peut-on accepter quelque chose que l’on ne connaît pas?
Si on en parlait, on aurait peut-être moins peur, nous les parents lorsqu’on réalise que notre enfant sera différent. On comprendrait peut être plus facilement que différents ils le sont tous, et que notre challenge est de les faire grandir en préservant ces différences qui font d’eux des sujets.

Préservons leur curiosité et leur capacité à accepter la différence de l’Autre mais aussi la leur. A deux ans les pourquoi sont incessants et on ferait tout pour qu’ils cessent. J’espère aujourd’hui que nos enfants n’arrêteront jamais de s’interroger.

La différence physique, ethnique, mentale, religieuse, sexuelle…
Parlons-nous! Si vous ne le faites pas pour nous ou nos enfants handicapés faites-le pour vous, pour les vôtres!

Et ensuite? Ensuite je veux que cette diversité devienne banale, que cela fasse partie de notre quotidien à tous. Je veux qu’on arrête de courir après la norme, la conformité comme un idéal.
Je veux que les gens comprennent enfin que le handicap, la couleur de peau, les orientations sexuelles, sont des caractéristiques parmi d’autres qui ne définiront jamais une personne!!

Je veux aussi qu’on comprenne que ces caractéristiques ne sont pas contagieuses! L’ignorance et la connerie si, elles se transmettent de génération en génération. Mettons-y un terme!! Partons ensemble à la rencontre de l’Autre.

Mathilde a 4 ans 4 mois et 11 jours et c’est une petite fille extraordinaire! Vous venez de lire son faire-part.

Monica

Monica_mathilde

Monica

halalalala, it is a story that is both so special and so universal of my friend Monica (today’s post) and her daughter Mathilde (thursday’s post ). i met monica 15 years ago. i used to give maths class with his future husband, Stephane. we were a bunch of friends, laughing with and supporting each other. we would attend each other’s wedding. etc. and then time has passed by we haven’t not seen each other for years. i follow her, know they have à first daughter, Victoria. and then a second one, Mathilde. i know it is not easy everyday. you will see why. and then one day, i see à fb status. i see it long, special. i read it. it is poignant. it is extra-ordinary. it is just here :

 

On august 10th 2012, our tiny Mathilde was diagnosed with Williams syndrome.

 

It wasn’t “environmental” after all. No, it wasn’t because I failed to bond with my child and no, these were not ordinary cries.

 

I wish I could say that a mother’s love outweighs it all. That I loved this child no matter what, that I did not care she was different, that the missing piece on chromosome 7 was irrelevant.

 

I would be lying if I did.

 

Four years ago we had just gone through the first week of “knowing”. I had read the Williams syndrome document on the orphanet website at least ten times. I had spent my first night and the ones following knowing why I was crying, knowing why I was hurting, knowing what was and would be wrong with her.

 

I did what I had always done. I worked my arse off, read, learnt. I tried to understand to adjust, plan, do what had to be done. With knowledge, with understanding I would be able to manage…

 

Then we did everything’s we were told. We enrolled Mathilde in a specialised facility, we made appointments with all the 12 doctors who needed to see her. We wrote her first “life project”. My husband quit his second job to make time for this crazy schedule. We got organised.

 

 

And then… then there was nothing left to do, except live with it. Resume the normal course of our lives which were anything but normal anymore. There was nothing left to do except acknowledge how slowly things would progress, acknowledge the absence of contact…

 

It turns out I didn’t know anything. I was so far from knowing. I didn’t know how hard it would be to get back up, how hard it would be to love this little girl, how long it would take.

I didn’t know my vision of the world would be shattered, that I would get lost before starting to find myself and being able meet her, my daughter.

 

I didn’t know how insidious and crushing the guilt would be. I didn’t know how difficult it would be for me to see myself as her mother. A mother gives her children everything, so how do you get over not having given a full genome?!

 

When Mathilde was born we did not send the traditional birth announcement card. I was waiting for things to get better, then I sort of forgot. When I remembered I thought no one would really get why I was sending it so late.

 

Mathilde was born 4 years, 4 months and 11 days ago.

 

I was told she would have physical, intellectual and behavioral traits linked to her syndrome.

 

A bit as if she had siblings outside our family, a second family. That thought was unbearable. This little girl I struggled so much to take care of belonged in many ways to another family? That wasn’t the deal!!! I wanted a little sister or a little brother for Victoria, a new member to welcome into our family, not into the Williams or the disabled family.

 

I didn’t know. I had literally no idea. I didn’t know that because of a few missing pieces our family would gain so much. I still think no one can wish for this. And yes, our lives would be simpler if Mathilde did not have Williams syndrome.

 

But I have found unexpected happiness in this second family. It is so vast, so diverse, so overwhelming. In this family people know the difference between pity and empathy. In this family people mingle, exchange, advocate. In this family it has become so obvious that we are all different and that we all benefit from these differences.

 

Unfortunately, in this family we also know what rejection feels like. We might well be amongst those who have always succeeded in everything, but suddenly we are forced to face what some people do to those who don’t conform, to those the standards won’t fit. Sometimes they don’t even bother trying. It’s ugly.

 

In this family people know they need to act, adjust, adapt, improvise. They know what commitment and effort are because they see it in their spouse, in the other mother, the other father and above all they see it in their children. These same children who might be stigmatized for walking late instead of being cheered for the perseverance and efforts they have deployed to get there.

 

In this family we completely understand that our children’s differences raise questions. What we struggle to understand is the rejection they trigger in some people. We don’t understand that some parents request that their child is moved to another class so as not to be pulled down by ours. We don’t understand that some decide it’s alright to exclude our children from school trips or swimming classes without even consulting with us.

 

Disabilities, differences… I would like us talk, laugh, cry about them, without taboos, as much as necessary. Like our kids do before we teach them not to be nosy and ask so many questions. How can we possibly accept something we don’t know? Something we don’t understand?

If we talked about it a bit more, maybe as parents we would be less scared when we realize our child will be different. Maybe it would be easier for us to understand that they are all different and that our challenge as parents is to help them grow while preserving these differences that make them unique beings.

 

When they are two years old, the whys are unending and we would give anything to make them stop. Today I hope our children never stop questioning things.

 

Physical, ethnic, mental, religious, sexual differences… Let’s talk to each other ! If you don’t do it for our disabled children, do it for yourself, for your own!

 

And then ? then I want diversity to become a commonplace, I want it to be part of our everyday life. I’d like us to stop running after the norm, stop considering conformity as some sort of ideal.

 

I want people to understand that disabilities, skin colour, sexual preferences are characteristics amongst other and that they will never define a person !!

 

I also want people to realize that these characteristics are not contagious ! Ignorance and stupidity on the other hand are passed down generation after generation. Let’s put an end to it!! Let’s embark on a journey together to discover the Other.

Mathilde was born 4 years, 4 months and 11 days ago, she’s an extraordinary little girl.

You just read her birth announcement.

 

Monica

 

Monica_mathilde

guilt

hey yo beauties!

thank you so so much for all your coms and shares about Edwige Antier’s video. thank you so so much. i have received also personal messages from friends and family. all these sharings… so much life! thank you! merci!

on the other hand i wanted to come back to something that caught my attention, or should i say that caught the attention of some of you, because if i gather all my networks (that are sooo huge), i’ve received 4 comments talking about “making them feel guilty” : the moment when Edwige talks about here own personal experience as a working single mother made at least 4 persons feel guilty. or made at least 4 persons feel this could cause guilt. 4 persons commenting the same way, it is huge.
at the beginning i felt wrong for Edwige, who is my guest. i do not always agree with her but i feel profound admiration for her. so i felt bad regarding her, who never meant to make anyone feel guilty, and i felt wrong regarding you who felt guilty. i never meant to. sorry.
on the other (other) hand i so much wanted that moment in the video, i really asked my editor to intergrate it in the video. and after watching it again and again, i still love it.

so i would like that we walk together, one towards the other. so maybe it was inappropriate. sorry again if you felt wrong.

on your side, i would like you to make one step too. shall we debate together? this thing about feeling guilty took me back to 3 other guilt events/thoughts :

– my friend géraldine wrote a post (sorry i can’t find it) about different sites or ig flows featuring hyper sportive women posting their abs and various achievements. she did not know wether she should feel motivated or miserable compared to these cheeks.

– a girlfriend was attenting a feminist business forum. plenty of her friends and clients came out of it saying they felt even worse because they knew they could not achieve anything of what the business women there, were talking about.

– when my mum, who is a doctor, told me “leo caught a cold” i would sometimes answer “stop making me feel guilty”.

ok, i guess you understand my point. so may i re-quote Brené and tell you very loudly YOU ARE ENOUGH! vous are gorgeous. gor-geous! and we all strive so much on our education, jobs and bodies. well ok with our whole femininity. but here i feature a video talking about being benevolent, about our difficulty in feeling worth-full, about a woman, who despite great difficulties, just made it and oh weuhou BE CAREFULL about this super disruptive statement : feels proud of herself! oh gosh!!!

and then you she is “making” you feel guilty? be more confident! go go gO! we just tell you, it is possible, and if you feel helpless, come, we are here to help you. don’t feel guilty about anything.

voilà! i really hope this can help!
ah yes, just to finish this post, i wanted to tell you AGAIN about benevolence and all the magic i find here. the illustration above has been made by someone called flora. flora had met Vanessa in a gallery she works in. she took her adress to send her invitations and news. flora also knows the blog and recognized vanessa on the video. so she drew this to her and mailed her this amazing piece of love, with some kind words on the other side. isn’t it beautiful?!

ok bye, i am going to cry a little bit.

see ya next week (it is going to be piouf… okay i already cry!)

culpabilisation

salut les beautés!

j’aimerais vous remercier pour tous vos com et partages sur la vidéo d’Edwige Antier. merci infiniment. j’ai reçu aussi des dizaines de messages perso, dans mon entourage. tous ces échanges… tellement de vie! merci, merci!

je voulais en même temps revenir sur un point qui m’a fait tiquer, ou plutot un point qui en a fait tiquer plus d’un.e car j’ai reçu, tout réseau confondu, 4 com me parlant de culpabilisation : le passage où Edwige parle de sa propre expérience de mère active et célibataire. 4, c’est énorme.

au début, ca m’a chagrinée pour Edwige, qui est mon invitée. elle m’interroge parfois mais je l’admire tant. je me suis sentie maladroite vis à vis d’elle, et de certaines d’entre vous. j’assume pourtant ce passage : j’avais demandé à mon monteur thomas de bien l’ajouter. j’adore ce passage.

alors j’aimerais qu’on marche les unes vers les autres. peut être ai je été maladroite. et n’avais aucunement l’intention de culpabiliser qui que ce soit. Edwige encore moins evidemment. il n’en reste pas moins que c’était peut être maladroit.

de votre côté j’aimerais que vous fassiez un pas aussi. on réfléchit ensemble? cette histoire de culpabilisation m’a ramenée à 3 autres événements/réflexions :

– géraldine avait écrit un post(sorry je le retrouve pas) sur des sites ou fil ig de femmes mega sportives qui se motivaient les unes les autres en s’envoyant des photos de leurs exploits. elle disait grosso modo, je ne sais pas si je me sens motivée ou misérable devant ces filles.

– une amie sortait d’un forum d’initiative féministe autour du business. ca s’appelle financ’elles. nombre de femmes ressortant de là lui disait qu’elles se sentaient trop nulles et pas du tout capables de réaliser autant de choses

– lorsque ma mère, médecin, me disait “leo a un rhume” je lui répondais parfois “arrête de me culpabiliser”.

bon bref, vous voyez où je veux en venir. donc je vous re-cite Brené YOU ARE ENOUGH! vous êtes canons les meuffes. ca-nons! et on galère tous.tes dans l’éducation de nos enfants, dans nos jobs, dans nos corps… ouais ok, on galère en tant que femmes. mais là, je vous fais une vidéo sur la bienveillance, sur notre difficulté à nous valoriser, sur une femme qui vous dit juste, ca a ete dur, mais j’y suis parvenue et même quelque part ATTENTION discours totalement disruptif : je suis fière de ce que j’ai accompli.

et là vous me dites qu’on vous culpabilise? allons allons, prenez confiance les meuffes, on vous dit juste, allez y, c’est possible, et si vous n’y arrivez pas, viendez, on va vous aider.

voilà! donc evidemment, je n’ai peut être pas du tout compris, et suis moi même en pleine projection mais si jamais… oh que j’espère avoir écrit qqchose qui vous aide et nous fait avancer!

du coup, à la demande quasi- générale, voici donc la totalité de l’itw.

ah oui, juste avant de finir, je voulais vous reparler de bienveillance et de la magie que je trouve ici. l’illustration mise au début du post a été réalisée par une personne qui s’appelle flora. elle avait rencontré Vanessa dans une galerie, avait pris son adresse pour lui envoyer des nouvelles, l’inviter à des vernissages. un jour flora est tombée sur notre vidéo, alors elle a envoyé ca par la poste, avec un mot magnifique de l’autre côté. c’est trop beau non?

bon allez je vais chialer un coup. pour ceux.celles qui le désirent, l’enregistrement est ici même!

à la semaine pro (y a du lourd! je te chiale déjà!)

Edwige Antier contre la fessée (pour enregistrer le podcast cliquez sur lien, puis clic droit, puis Enregistrer sous, puis Enregistrer)

Edwige Antier

(activate English subtitles)

Edwige Antier is a reknowed French pedo-psychiatrist. 10 years ago, i used to listen to her radio shows religiously every saturday. we would debate about them with the father of our children. she has guided us, us parents who sometimes felt so lost.

When i came back to the office, my assistant Julie, Tsigo‘s mum, listened to the whole rushes (about 1 hour) and told me : i could listen to them during hours (good idea for a podcast isn’t it?!).

So, when Edwige began to talk, i plunged into a weird lovely atmosphere. but the real reason of me meeting her, is to find the right words, the right attitude to help parents around me (I actually know quite a number of them) who spank their kids. because “they deserve it”; because themselves, indeed, used to be told they had deserved it etc

As far as I am concerned, i used to spank Tâm when she was little, but would stop it quite quickely because, it just did not work. For Léo, no spanks but threats. For both of them, we have switched to a totally different type of relationship that is richer, more “efficient”, that is “us”; But neither in one case nor in the other, did i understand until lately that what i was doing was wrong for my kids. because i just did not associate it to violence. it is so obvious though : if you hit/threaten an adult, it is violence, so what about doing it with a kid whose hight is half of yours…

Then, beyond “philosophy”, there are now outstanding neurological and social studies. results are crazy. I actually find Edwige so courageous, because her ideas are here mocked by French politicians and journalists (who must have been so hit or shouted at, when kids, they can’t even look back at it). France is one of the last European country that has not enforced the law concerning physical and psychological violence against children.

at the end of our meeting, i told her :

“actually,  Edwige, you an angry woman.

Yes, you need it to defend your ideas! and it is a lifetime struggle.”

I hope this engaged video will make you react, but mostly benefit you, your families. our children.

thousands of kisses!

Edwige Antier

Cela fait tellement longtemps que je voulais rencontrer Edwige Antier. j’ai écouté ses émissions de radio religieusement sur France Inter tous les samedi matin. mon père me disait “ouais bon, elle est madelainiste quand même!” (je viens d’une culture méga à gauche)

so what? je trouvais chacun de ses conseils comme un précieux trésor, nous en débattions avec le père de nos enfants. ça nous guidait, notamment parce qu’on… se sentait paumés.

et puis Anne, l’une de mes meilleures amies (la belle blonde sur la video) s’avère être très proche d’Edwige, alors, on y est allées! à mon retour au bureau, Julie, la maman du baby doux Tsigo, a écouté la totalité de notre entretien (1h env.) et me disait : je pourrai l’écouter des heures (une idée de podcast?!).

bref, quand Edwige s’est mise à parler, ça m’a replongée dans une drôle d’atmosphère. Mais surtout, je venais auprès d’elle pour trouver les mots qui peuvent aider les parents autour de moi (en fait, j’en connais un certain nombre) qui “donne” la fessée à leurs enfants. parce qu’ils la méritent. parce qu’eux-mêmes, bien évidemment, la méritaient etc. (quelle p** de piège sémantique cette expression).

je l’ai moi-même pratiquée avec Tâm lorsqu’elle était toute petite et ai vite arrêté parce que tout simplement ça ne marchait pas. Pour Léo, pas de fessée mais beaucoup de menaces. Avec l’un comme l’autre, j’ai depuis trouvé d’autres modes relationnels, plus riches, plus “efficaces”, qui nous correspondent. en revanche, je n’avais pas compris que la fessée ou la menace étaient carrément mauvais pour elle, pour lui. jamais. parce que je n’avais pas associé ni l’une ni l’autre, à une violence. alors que c’est tellement évident : si tu tapes/menaces un adulte ça l’est, donc avec un enfant qui fait la moitié de ta taille…

une amie prof me disait l’autre jour qu’une de ses élèves est arrivée avec une oreille bleue. ses parents avaient pris rdv la même semaine car ils voulaient discuter d’un départ de l’école jugée un peu trop… violente (!!!) pour leur fille. mon amie leur a dit “j’aimerais surtout que l’on parle de la violence à la maison en fait”. la mère a fondu en larmes. elles n’avaient pas fait le rapprochement. elle n’avait pas compris que ce qu’elle faisait était violent. je vous jure Marie Thérèse! souvent nous pensons “mais je ne suis pas un monstre quand même et j’aime mes enfants” et effectivement c’est certainement pour cela que nous pouvons reconsidérer certaines pratiques dès lors que l’on sait qu’il est prouvé qu’elles sont néfastes car…

au delà du débat “philosophique”, il y a désormais les études, neurologiques et sociales. les résultats sont fous. je trouve Edwige assez courageuse en fait, parce que son discours est moqué par les parlementaires et les journalistes (qui se sont en fait, tellement fait rouster petits qu’ils sont incapables de revenir dessus). la France est le dernier pays européen à ne pas avoir adopté la loi anti-châtiments corporels.

à la fin, je lui ai dit :

“mais en fait Edwige, vous êtes une femme en colère.

Oui, il en faut pour défendre ses idées! et là, c’est la bataille de toute une vie.”

j’espère que cette vidéo un peu engagée va vous faire réagir, et vous bénéficier, à vous, et vos familles. et nos enfants. mille bises.