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Masculin Pluriel

Voici un post pour vous les hommes (et pour vous les femmes)(hahahah). Ça fait plusieurs fois que l’on me parle de ce livre « le mythe de la virilité ». je trouvai le nom même insultant pour les hommes, ce qui me heurtait au plus haut point, jusqu’à ce que j’écoute son auteure, la philosophe Olivia Gazalé, exposer ses recherches sur France Inter.
et me voilà conquise!

Donc voilà le mal du mâle, aujourd’hui et des milliers d’années, est de confondre masculinité et virilité. Comme il y a des singularités, des féminités, il y a aussi des masculinités. La virilité n’en est qu’une. Et en plus, c’est pas franchement la plus jolie.

L’idée même du « vir » est d’être le suc de l’humanité (les meuffes, vous servez à rien). Pire, il se définit comme anti-féminin : Le corps de la femme se répand (il saigne etc), celui de l’homme doit se contrôler. Le fondement même de la virilité est donc misogyne, et la construction qui s’en suit est forcément violente. Alors il y a des choses que j’aime comme le sens de l’honneur, de la droiture (ça manque un peu aujourd’hui non ?), etc… mais ce qu’on a oublié entre temps c’est que la virilité est une construction, et non une nature. Et puis surtout entre temps, la virilité a trouvé un outil de mesure : le phallus ; pas de zizi levé (de grosse bagnole, de fric, de grande tour) pas d’homme. Les chrétiens sont même aller définir la panne sexuelle (on parle même pas d’impuissance) comme une malédiction divine.

Ainsi la violence faite aux hommes est de sans cesse leur faire planer la possibilité de ne pas en être.

Nous les femmes, on souffre de pas mal de choses mais pas de ça. Jamais entre nous, on se dit « nan mais sois une femme quoi » sous entendu, t’en es peut être pas une. On comprend alors la fragilité extrême de l’homme vis à vi de sa masculinité (confondue donc à la virilité).

the department of Masculinity, tiré du livre “The Descent of Man” de Grayson Perry (post ici)

En écoutant une autre émission sur France Cu la faisant intervenir, je me sens cela dit frustrée car la journaliste la chahute, à raison, sur : non mais vous n’allez pas plaindre les hommes alors nous les femmes souffrons beaucoup plus qu’eux. Et l’auteure de ne pas vraiment répondre.

Si je puis me permettre, on pourrait avancer cette idée, développée par Grayson Perry : il y a la temporalité, et ensuite l’intensité/gravité. Disons que temporellement dans la vie d’un petit garçon, d’un futur homme, il y a violence inouïe en premier lieu, dans l’injonction permanente à l’œil sec, à la réussite, à l’invulnérabilité, à la performance. A part mon mec et Shivam (Trudeau et Obama), et aussi sensible soit il, je ne connais aujourd’hui aucun homme capable de pleurer. ça fait pas beaucoup. nan mais les mecs si vous saviez comme c’est génial de chialer…

pour résumé les hommes sont les premières victimes de cette société virile dans la temporalité de leur existence, et les femmes les premières victimes dans l’intensité des violences qui leur sont faites. Car c’est bien elles qui vont pâtir bien plus violemment encore, des prédateurs mais aussi de la société qui dans son entièreté est misogyne.

en même temps, en miroir, bien qu’on ne puisse pas dire de la société qu’elle soit misandre, elle n’aime pas beaucoup les hommes non plus. Seuls les virils ont une place. les autres doivent se conformer à cet “idéal”… qui a montré ses limites!

Ainsi, si nous faisons grandir nos garçons sans leur faire cette violence, si nous développons le féminisme dans cette idée d’accueil des singularités, et la fin des injonctions, les hommes pourront être plus épanouis et heureux car réconciliés dans leurs masculinités et donc plus forts (et donc pas violent), plus aimants, moins dominants, plus singuliers, pour vivre auprès de nous femmes, qui avons déjà enclenché cette réflexion de fond sur « c’est quoi être une femme ».

Les mecs, mettez-vous y. déconstruisez tout ce que vous savez et faîtes votre aggiornamento ! Comme un ami me le disait « la question n’est pas d’être un homme, un vrai, mais de devenir un homme véritable. » wahou !

Masculine Plural

This is a post for you men (and for you women)(hahahah). I hear about this book “the myth of virility“, several times. I thought its title was very insulting to men, which really struck me, until I listened to the author, the philosopher Olivia Gazalé, presenting her research on French radio, France Inter. I am very sorry for non speaking-french readers/listeners, but  I am so convinced, would like to share the results with you here!

The word “virility” though English is not much used in Anglo-saxon countries compared with more latin areas (among which France), but a lot of the “white man culture” is derived from it. the evil of the male, today and since over thousands of years, is to confuse masculinity and virility. As there are singularities, feminities, there are also masculinities. Virility is only one of them. And besides, it’s not really the best.

The very idea of ​​ “vir” is to be the quintessence of humanity (girls, you’re useless). Even worse, it is defined as anti-feminine: woman’s body goes all over (it bleeds, etc.), while the man’s must be under control. Thus the very basis of virility is misogynistic, and the ensuing construction is inevitably violent. So, there are things that I love like sense of honor, uprightness (it lacks today, don’t you think, so?), etc. but what we missed in the meantime is that virility is a construction, not a nature. Then above all, virility has found a measuring tool: the phallus; no erect penis (big car, money, big tower) no man. Christians even went so far as to define erection problem (we don’t even talk about impotence) as a God curse.

So, the violence against men is to constantly leave some doubt in their mind about the possibility of not being.

We, women, we suffer from a lot of things but not from this. Between us, we never ” Kick the depression, be a woman” implied, maybe you’re not. So, we can understand here the extreme man’s fragility about his masculinity (confused with virility).

from “The Descent of Man” Grayson Perry (post here)

Listening to another radio program on France Cu (for French-friendly listeners again) where she was talking, I feel frustrated because when the journalist rightly pushed her a bit more by saying: “no, but you’re not going to feel sorry for men as we, women, suffer much more than them.” The author didn’t really answer.

If I may say so, we might come up with this idea, developed by Grayson Perry: there is temporality, and then intensity in casualty. Let’s just say that temporally in the life of a little boy, of a future man, there is primarily an incredible violence, in the permanent injunction of not crying, being invulnerable, being performant. Except my man and Shivam (Obama and Trudeau), I do not know any men who allow themselves to cry, nowadays. even the most sensitive ones. hey guys, let’s cry together. it is “great”. i can see now, the direct link between women bleeding and crying, dealing with their emotions by showing them out there, and “real men” cursed to dominate themselves and then disconnect to a deeper part of themselves.

Then, in a second time, women will suffer even more severely, from predators but also from the society which is completely misogynist.

Then main thing for me is to understand that even if we can’t say the society is as misandra as misoginist, it does not like most of men either. acknowledging only the “truly viril” ones, asking the others to conform or not being acknowledged as men or just… die (4 or 5 times as more suicides among men, compared to women).

So, if we’re raising our boys without exercising this violence, if we develop feminism in this idea of ​​welcoming singularities, and the end of injunctions, men will enable them to develop fully and to be happy because they will be reconciled in their masculinities and therefore stronger (and therefore non-violent), more loving, less dominant, more singular, to live with us women, who already have start thinking about this fundamental reflection “what is a woman”.

Guys, get on with it. Deconstruct everything you know and do your aggiornamento! As a friend told me, “the question is not to be a man, a real one, but to become an authentic one.” Wow!

Me Too

Parfois on n’a pas vu quelqu’un pendant 1 an et demi, et puis on fait un post sur elle, et puis paf, on la croise dans la rue! la vie la vie comme dit ma grand-mère!

Merci pour toutes vos réactions sur le dernier post Me Too. n’hésitez pas à aller voir les différents Edit ajoutés en fin d’article, en réponse aux évolutions de l’affaire.

J’aimerais aujourd’hui continuer, car je n’avais pas compris certaines choses “à l’époque”.

 

1. #metoo et #balancetonporc sont une déflagration, pas un projet de société

si la société avait permis aux femmes de ne pas subir autant d’agressions, d’être ensuite écoutées, respectées dans la rue, le taff, leurs droits, il n’y aurait pas eu cette explosion. nous n’aurions pas eu à nous exprimer de manière aussi violemment sur les RS. donc oui, il y a de la violence, mais comme le dit Baldwin (encore) “ah mais en plus, je n’ai même pas le droit d’être en colère? ”

je reste 400% #metoo, et non Madame Millet, toutes les femmes ne sont pas fortes après une aggressionmais cette déflagration doit maintenant se transformer en un projet de société car non, moi non plus je n’ai pas envie d’une société fondée ni sur l’angry-ism, ni sur le puristanisme. ni sur de la justice de rue ou de rs.

 

2. les puritaines en colère ne sont pas trop de la french touch

je me rends compte d’ailleurs que je ne voyais même pas de quoi on me parlait en évoquant le puritanisme. pour ceux et celles qui sont comme moi, c’est un conflit inhérent à la société américaine, puritaine ET manichéenne. c’est bien ou c’est mal, tu es d’un côté ou de l’autre. et puis c’est tout. Un ami pro-metoo, basé à NYC, me raconte les différences flagrantes qu’il voit entre le dialogue possible en France, avec les françaises comme les français, et cette impossibilité totale aux States : tu es d’un côté ou de l’autre. il n’y a pas de débat. il s’est fait accuser de “enabling the rape culture” en moins de 2 échanges. N’importons pas cette ultra-violence, et ce puritaine. au contraire, voyons les excès de certaines démarches (l’affaire Balthus et affaire Aziz Ansari) pour mieux nous en abstraire.

 

3. la bienveillance et la compassion permettent l’amour et non la guerre entre les sexes. 

le consentement et la compassion et la bienveillance ne sont pas des valeurs puritaines. le mouvement dans lequel je crois n’est pas anti hommes (putain mais j’adore les hommes), anti cul (putain mais j’adore le cul).

au contraire, le consentement et la compassion et la bienveillance sont les conditions de connexions profondes, véritables, intrinsèquement égalitaires, et où l’on peut aller plus loin dans l’amour.

en tout cas, si votre mec/pote/frère est pro-me-too mais émet tout de suite des réserves du fait de la colère, “du lynchage” etc etc, dîtes lui ça et ça détend tout de suite l’atmosphère ;p

vous pouvez même l’illustrer comme ça :  mon frère me parlait de couples un peu”expé” dans leur sexualité. et bien ils conviennent entre eux d’un mot, un “safe word“, ainsi ils peuvent explorer aussi loin qu’ils le veulent leur sexualité, si l’un d’entre eux ne se sent plus de continuer, il n’a qu’à prononcer le safe-word, et ils s’arrêtent. c’est parlant non?

si on revient à nos moutons, le texte de Laure Adler est très convainquant, ainsi que la vidéo à voir absolument de Leila Slimani.

 

https://www.facebook.com/cpolitique/videos/1957611684557960/?hc_location=ufi

“Ce que je veux, c’est qu’on s’aime, c’est qu’on s’aime à la folie. mais dans l’égalité”

Grayson Perry disait que si nous voulions du changement chez les hommes, ils leur fallait une promesse qui les fasse bouger de leur position dominante. il avançait la promesse du bonheur intérieur, mais il y a aussi  l’AMOUR avec l’autre.

 

4. Petit Point sur la colère

Après les excuses de Brigitte Lahaie et Catherine Deneuve, j’ai vu des réactions de personnes toujours en colère, qui ne pardonnent pas et je comprends, surtout chez des personnes qui ont subi de lourds traumatismes, et je suis POUR qu’elles puissent l’exprimer.

Cela étant, j’aimerais beaucoup qu’on re-réfléchisse sur ce thème de la colère. Vous savez que la colère est un de mes sujets favoris, et là il y a quelque chose d’intéressant qui se dessine :

> il y a d’une part la colère à un instant T, qui est ressentie parce que quelqu’un a appuyé sur un bouton qui chez vous, chez moi ouvre une porte, la porte de votre, de ma propre colère.

> il y a ensuite à la colère en tant que mode relationnel.

Je n’ai pas de leçon à donner mais invite chacun.e à explorer cela. et dans les 2 cas, à s’autoriser à ressentir, à explorer, SA colère. car oui, on peut dire que l’autre a dit ci ou ça, que “c” ‘est inacceptable, qu'”on” vit une époque de merde etc. mais ça ne vous apprend rien sur VOUS.

Dans son bouquin PLAY FROM YOUR FUCKING HEART, Jerry appelle ça une AFGO, A Fucking Growth Opportunity. Alors, c’était quoi ce bouton? votre bouton? vous vous êtes senti.e insultée, trahie, l’idée que vous vous faisiez de ce mouvement, de ces personnes s’est écroulée? ah oui? intéressant? mais dans ce cas, n’est ce pas votre idée qui était fausse (j’avais écrit “fosse”)? votre envie de perfection? de faire bloc? qu’on vous donne tout de suite ce que vous demandez? etc. etc.

je vous laisse investir.

alors évidemment dans le 1er cas, c’est comme ça, la colère est là, on y va, on va comprendre et puis ça part (notamment parce qu’il y a aussi des excuses en face). entre temps, ça donne une énergie aussi. faut l’utiliser utilement : la colère sert à dire “STOP. basta, non, je ne veux pas que tu dépasses cette limite.” c’est donc très utile.

dans le 2e cas, c’est plus chiant. faut aller chercher plus loin. et je vous y invite parce que là c’est chiant pour les autres, mais surtout c’est dangereux… pour vous. allez y!

bon disons que ayé votre calme est revenu ET en plus vous avez appris un truc sur vous. passons la 2e

 

5. au coeur de l’Histoire

quand j’entends Slimani, ça me touche énormément. parce que oui on peut être vigilant.e, intelligent.e et même en colère, mais en outre, elle connait les arguments de la partie opposée, elle a étudié toutes les limites, elle connait sont sujet, et paf, elle propose, positivement, avec beaucoup d’amour.

et évidemment que c’est beaucoup plus fort, beaucoup plus efficace.

et donc pour tous.tes ceux et celles qui s’écrient “on vit une époque de merde”, je comprends tout à fait, mais…. je ne suis pas d’accord du tout du tout. on est là au cœur de l’Histoire. après des milliers d’années de soumission, de domination. le féminisme ne pouvait pas transformer l’humanité du jour au lendemain avec une seule réponse. il y a des couches et des couches et couches de sédiments à déterrer et déconstruire. On a eu le droit de vote, puis la contraception, le droit à l’avortement. On a dit que Deneuve était une vioc, bah ça m’a touchée dans sa réponse dans Libé, quand elle raconte qu’elle a avorté alors que cela était illégal… d’où son combat pour la liberté. donc aujourd’hui, notamment grace à elle, nous sommes libérées, suffisamment même pour arriver à #metoo, parler, s’engueuler et revendiquer ce que nous désirons, notre part d’humanité.

et on arrive à une 3e vague.

et c’est passionnant! nous avons une société nouvelle à construire, c’est pas tous les jours. pour nous et nos enfants. et quand je dis nous, c’est femmes et hommes (indeed). allez allez allez.

 

6. le coeur pur?

il est important de se concentrer sur ce qui important. Si vous croyez en ce projet, ayez une action ou une parole qui vas aider ce projet à se développer. Ne vous laissez pas hypnotiser par les limites, les excès, même si oui, il faut aussi aller les explorer et mieux les définir.  Malgré toutes ces émotions, j’ai d’ailleurs de la gratitude car tous ces événements me font prendre conscience de mille choses, ils me renforcent dans mes convictions, et ma capacité à les partager.

Concentrez vous sur ce, votre projet. Et oui, entre 2 phases stables, ça remue,  c’est même la définition d’une crise. donc ça va être chahuté et ça va même durer encore un certain moment, ça va gueuler et c’est pas grave. ne soyez pas “anger-phobic”. je comprends qu’il y ait angoisse, mais concentrez vous sur ce qui est essentiel, on a besoin de tout le monde et de toutes les énergies, créatives et créatrices. je laisse la fin de la story ig qui vous a tant fait réagir.

love

 

 

Filippo Sorcinelli

Merci pour tous vos com sur le dernier post (allez voir les différents EDIT car il y a du nouveau)! on revient vite à nos débats (qui me passionnent) mais faisons une pause, car je suis très fière de la sortie de cette nouvelle vidéo, avec Filippo Sorcinelli, que nous avons tant aimé ici. je vous prépare un autre montage, issu de ce même tournage mais avec un tout autre angle car cet artiste me passionne!

je suis d’autant plus heureuse qu’elle marque le début d’une très belle collaboration avec mon ami Nicolas Cloutier de Nose qui lance un nouveau type d’édito vidéo, nose to nose, et a fait appel à moi pour les réaliser. 

Filippo est à la fois une personne et un personnage incroyables. je l’ai suivi comme son ombre pendant 3 jours, sa silhouette noire déambulant dans cette Italie ancestrale et colorée. cette vie de village où chacun célèbre sans cesse ses traditions, tout en créant sa vie.

magique!

Filippo Sorcinelli

(activate English subtitles)

Hi hi hi everyone, i am so proud to share my latest video, featuring someone we already know and appreciate here : Filippo Sorcinelli. We are preparing another edit, derived from the same shooting but with a totally different perspective. i feel quite passionate about this artist! 

i am feel all the more excited that this video is the begining of a collaboration with my friend Nicolas Cloutier for Nose. nose to nose, is a new type of Edito for his website and magazine and i am so happy i chose me to do it. so the idea is to make a world tour of fragrance or beauty maker, in french we say “in their jus” which means in the authenticity of their creation. 

Filippo is both a character and a person who are quite rare. i have followed him like his shadow during 3 beautiful days. his black silhouette walking in the ancestral colorful Italy of his. With this very specific atmosphere where everybody both celebrates tradition and creativity.

magic!

Me Too

(Elsa Wolinski, sur mon écran, en fleur)

Elsa m’a bouleversée avec cette photo d’elle nue pour évoquer Charlie, 3 ans après l’assassinat de son père.

et en voyant cette tribune du Monde hier, j’y ai trouvé un lien naturel et indicible. son corps de femme nue. ce corps politique comme elle le dit avec son collectif féministe #noussommes52.

et bon, cette tribune… on en parle?

je suis prise de vertige face à la banalisation de la violence faite aux femmes. à la bêtise des idées amalgamées et la fausseté des “faits” rapportés. dans le Monde. au fond, je ne suis pas contre le débat, j’en ai soif même, et oui il y a des débordements, des choses extrêmes à éviter, mais enfin… #metoo est un féminisme de bons puritains et d’extrémistes religieux? de misandres dangereuses? il impose un état de terreur? il empêche la liberté sexuelle? et puis, faut pas trop en vouloir aux frotteurs… c’est ça votre combat les Catherines?

MAIS LE MONDE N’EST PAS BINAIRE! avec les bonnes féministes (ok âgées, blanches et nanties) garantes de “la” séduction masculine d’un côté et les voilées, puritaines d’un autre.

lisez svp ce merveilleux papier de Leila Slimani!

quand je regarde Elsa, elle m’émerveille et force le respect. c’est cette énergie d’amour, libre et libératrice, qui est au coeur de #metoo, pas le puritanisme.

il me semble que la priorité n’est pas de voir les limites et les excés de #metoo, mais de développer son coeur (les limites et excès partiront d’eux mêmes). l’enjeu n’est pas le puritanisme, il est tout autre dans la société que nous voulons réinventer. je me permets de réinvoquer James Baldwin, investi lui sur le champs “racial”, qui explique merveilleusement bien comme il n’est pas dans le combat des hommes noirs contre les blancs. son combat est la compassion entre les êtres. si tu remplaces homme noir, par femme, par homo (par même animaux), c’est la même chose :

nous n’avons pas pour but d’opposer les femmes aux hommes, le projet est la compassion entre les êtres. réinventer nos relations entre vivants, notre relation au vivant, qu’on soit homme, femme, 2 spirits, blanc, noir, jaune ou vert. 

et cela passe par une connexion profonde, véritable, respectueuse entre les êtres. ça ne peut pas passer par une codification telle que les puritains.es le proposent. et ça n’est pas notre combat. nan mais wtf?!

je constate en revanche que le féminisme “s’éclate” dans mille branches différentes. c’est le propre d’un mouvement trop grand pour contenir toutes les sensibilités. c’est… bien non? mais il est vrai, et ça n’est pas nouveau que le ou les féminismes ne regroupe(nt) pas “les” femmes. c’est une erreur fondamentale selon moi de partir du principe que les femmes sont réunies par une sonorité “naturelle”. et ne peuvent qu’être contentes de voir le féminisme se développer. 53% des femmes blanches ont voté Trump hein, on n’oublie pas. et si au lieu de se dire sans cesse “je vois pas comment une femme peut voter Trump!” si au contraire on se posait la question de “dans quelle mesure, il les fait rêver” peut être pourrions nous mieux faire avancer les choses. bref, le projet encore une fois est pour moi un projet d’idées, réunissant des femmes et hommes, mais insupportant aussi d’autres femmes et d’autres hommes. le féminisme est un projet idéologique et non de sexe. et ne pas l’admettre nous fragilise. arrêtons de perdre du temps sur “et en plus c’est une femme qui dit ça” ou “ah bah vous voyez, vous n’êtes même pas d’accord entre vous.”


par ailleurs, je pense qu’on confond le plan intime et le plan sociétal. si 2, ou 3 ou 10 êtres aiment se chercher, se fesser, se soumettre, se dominer, se violenter dans leur intimité mais qu’ils/elles le fassent et même le disent et même le partagent, je suis pas puritaine pour un sou (ayé, j’ai envie de re-re-re-voir la Leçon de Piano). mais qu’on n’impose pas leurs pratiques comme base commune de nos relations au niveau sociétal! la loi et la société doivent protéger des personnes lorsqu’il y a désaccord entre elles, pas quand elles sont d’accord! ce qu’on veut, ne touche en rien les fantasmes perso et la créativité de chacun.e. 


allez prendre des cours de tantra et vous verrez que la compassion non seulement n’enlève rien aux joies du pieu, mais au contraire les fait exploser. au pieu, comme dans la rue, comme partout ailleurs. allez, allez faire vos tribunes, importunez vous entre vous!

nous on continue. allez cheers!

EDIT 1 : Laura Adler répond point par point à la tribune et c’est très bien. allez lire.

EDIT 2 : parfois on dit des choses franchement “bêtes” ou déplacées. parfois on blesse les autres. pas par intention de blesser mais par manque de conscience. nous avons tous fait cette expérience de blesser autrui par manque de conscience. puis d’en chialer (d’ou l’intérêt de bosser sur soi pour passer ces paliers de conscience). les excuses de Catherine Deneuve (qui s’est battue pour la libération des femmes, à commencer par la sienne) et de Brigitte Lahaie (qui se bat à sa manière pour aider les femmes dans leur reconstruction après violence) me font dire que nous sommes dans le même camps. il y a juste mille manières de libérer les femmes, de les aider dans leurs blessures. il y a mille manières d’inviter les hommes dans ce projet (et de les libérer aussi tiens), sans colère, ni censure ni puristanisme. allez, compassion et combat. comme dit Leila Slimani (VIDEO A VOIR ABSOLUMENT), on est là pour s’aimer follement.

Daring Greatly

all my best wishes for this new year!

as you may know, i rather follow the vietnamese calendar, that is connected to the moon and sun (this year, it will be on Feb 16th). but still, it is always nice to send my greetings to you, who are more on the sunny side of the calendar!

on December 31ts, at 11:58pm, my friend who invited us to party, brought a tray full of candles. each one of them had its own tiny flag “happy new year” together with a blanck little sticker on which each of the guests had to write his or her wish for his or her “fucking me”! i found it was so beautiful. what to whish to oneself? one only wish.

so here it is, i will “dare greatly”. to persist in my self, as my friend  Mathilde says (she has it from Spinoza… hahahaha). because yes, when you think of what to wish, to mainly think of a wish for others, for the world. i would like a world filled with love, light, compassion respect, greater consciousness. so now i have to wish something for myself… let s be an incarnation of love, light, compassion, respect, and greater consciousness. and these words are incredibly difficult to apply in life. at the end of the rooster year, i’ll make my balance sheet, but so far, the year has enabled me to touch both the profound will and incredible difficulty to dare be who I want to be. to show myself despite my “natural” programing, without waiting for any validation. to share with strength without forcing it. ahlalalalallala, so many teachings, so much exploration to go! i want to go further and deeper. in myself.

so here is my wish for myself, what would be yours for yourself? because, yes my friend is so right, everything begins with you!

peace and love to you all.

Daring Greatly

tous mes vœux! je vous souhaite une année belle, belle, belle!

comme vous le savez, je suis plutôt calendrier viet, luni-solaire (basé sur les nouvelles lunes mais avec une adaptation au calendrier solaire. cette année, ce sera le 16/2). cela étant ça me plait toujours de pouvoir vous envoyer ces vœux, à vous qui êtes plutôt “solari-solaires”.

le 31/12 au soir à 23h58, mon amie chez qui nous fêtions la saint sylvestre a sorti un plateau rempli de bougies portant chacune un fanion “happy new year” ainsi qu’une petite étiquette blanche sur laquelle chacun devait écrire un seul et unique vœux pour son “fucking me”! j’ai trouvé ça merveilleux comme idée. que se souhaiter à soi-même? un seul vœu.

aha…

alors voilà! nous avons beaucoup parlé vulnérabilité l’année dernière, oser se mettre au milieu de l’arène, se montrer comme on est, comme on voudrait être et quoique l’autre en pense, “daring greatly“. cette année, je vais persister dans mon être, comme me dit mon amie Mathilde (qui le tient de Spinoza). car oui, en y réfléchissant, j’aurais plutôt formulé un voeux “pour le monde”. car j’aimerais un monde rempli d’amour, de lumière, de bienveillance, de respect, de meilleure conscience. maintenant que je dois formuler un voeux pour moi… eh bien, à moi alors d’être une émanation de l’amour, de la lumière, de la bienveillance, de respect et de meilleure conscience. et en fait, tous ces mots sont incroyablement difficiles à mettre en pratique. à la fin de l’année du coq, je ferai un bilan, on n’y est presque, mais pour l’instant cette année m’a permis de toucher cette envie profonde, comme cette difficulté incroyable à oser être qui je veux être. parfois, souvent, malgré ma programmation “naturelle”. à me montrer sans attendre une approbation en retour. à partager avec force mais sans forcer. ahlalalala, que d’apprentissage, que d’exploration encore. je veux aller plus loin. en moi.

voilà mon voeux pour moi, quel serait le vôtre pour vous? car oui, tout commence par vous.

amour et paix à tous.tes

Xmas with Ninoo

(activate English subtitles)

I have met Pascale through social network. notably thanks to Elsa Wolinski, who sponsors her association, Ninoo. i am fascinated by her courage,  her generosity. by her creative anger too. she is fighting for her autistic son, Elliot, but also for all the other kids of her association, but also for their parents for whom she absolutely wanted to find presents. after watching the video, she told me : “but… they look so “normal”. i makes me cry”

maybe because they are… happy?! this chance Pierre Sang Boyer is beautifully talking about, to be born in such loving families, so courageous too… so so much strength to create such an event, to gather everybody… “normally”. with JOY!

i bow to you Pascale!

and i feel grateful to share this experience with you all. shall we go. TOGETHER!

happy Christmas to everyone.

Noël avec Ninoo

J’ai rencontré Pascale par les réseaux sociaux. notamment grâce à Elsa Wolinski, qui parraine son association, Ninoo. je suis fascinée par son courage,  sa générosité. par sa colère créatrice aussi. son combat pour son enfant autiste, Elliot, mais aussi les autres mômes de l’association qu’elle a créée, les parents pour qui elle voulait absolument trouver des cadeaux. en voyant la vidéo, elle m’a dit “mais les enfants ont l’air “normaux”. j’en ai la larme à l’oeil”

peut être parce que… ils sont heureux? cette “chance” dont parle très bien Pierre Sang Boyer, d’être nés dans des familles si attentives, si courageuses (et je peux vous dire qu’en les voyant, qu’en entendant leurs histoires, il en faut un paquet)… que de force il faut, pour créer des événements comme celui là, pour les réunir “normalement”. et dans la JOIE!

ça me fout par terre. et je suis tellement heureuse de pouvoir vous partager ça. allez on y go! ENSEMBLE!

joyeux Noël à toutes et à tous. et encore bravo à Pascale, cette grande dame!