Explorer, se confronter, s’ennuyer… aujourd’hui, on se rend! voici mon 4e apprentissage :
Surrender
On parlait de “daring vulnerability” et bah que ce soit dans le plein (auprès de notre famille magique réunie) ou dans le vide (seule), je n’ai jamais vécue dans une telle vulnérabilité.
Vulnérabilité matérielle, physique puisque nous dormions et vivions dehors. pas de douche, avant le jeûnes, des repas déjà “régime spécial” (une bonne partie vegan, mais aussi sans sel, sucre, épices… on aime on adore), des bestioles partout, et puis, orages, éclairs, petite pluie, grosse pluie, brume, ciel ouvert, étoiles, double arc en ciel, froid, chaud… en 8 jours, le temps nous a tout donné toute sa palette de “savoir faire”.
Vulnérabilité psychique, puisque tout devait se faire au plus près de nos questionnements intimes, au plus près de nos limites… avec la perspective de les franchir… ou pas. au grès de mille expériences folles, de cercles de paroles, de gestes psycho-magiques impensables, puis de la solitude et l’ennui.
le maître mot était donc “Surrender”, un mélange de lâcher prise et de “se rendre”. plus fort encore que “l’accueil”. tu livres tout ton être à ce qu’il t’es donné. et quoiqu’il t’arrive, tu te rattaches à cette phrase magique :
you get what you need
On se dénude, couche, par couche, par couche, on se rend, et c’est alors que l’on peut reconnaître la part sombre qui nous empêche d'”être”, qu’on se laisse aussi traverser par des moments de pur bonheur, pour reconnaître en même temps qu’ils ne sont que passagers.
mer-veille.
Don’t swim, float disait Osho
il m’a fallu du temps pour comprendre. mais là quand tu as faim, et/ou froid, tu apprends à ne pas lutter. tu prends la vague. sans lutter.
et tu deviens curieux de tes fonctionnements, de tes pensées et sensations : ah oui, ça fait comme ça d’avoir faim? ça fait comme ça une angoisse? ah oui et je la produis justement au moment où j’ai une crampe d’estomac… intéressant. et cette angoisse elle se présente sous les traits d’un mec qui m’observe dans le fond de la nuit, depuis 2 heures. il serait en fait à 10cm pas plus? ah ouais intéressant.

j’étais épuisée le soir venu et attendais la première étoile dans le ciel pour aller me coucher. impossible d’attendre que la nuit deviennent vraiment noire. mais chaque nuit, une sorte de moustique venait me réveiller. je ne lui en voulais pas : j’étais chez lui non? je pense vraiment que c’était le même, car il n’y en avait qu’un (et que je ne le tuais pas entre temps!). il me réveillait donc, chaque nuit, au milieu de la nuit. alors j’ouvrais les yeux et m’apparaissait ce grand ciel étoilé que je n’avais pas pu voir avant de m’endormir. et c’était d’une beauté… c’était comme une invitation. et tu regardes le ciel en remerciant le petit le moustique et le sommeil revient quand il revient. et tu perds totalement cette angoisse de ne pas assez dormir la nuit. tu dors quand tu dors. tu es réveillé.e quand tu es réveillé.e. c’est aussi simple que ça.
Cette idée de “se rendre” m’avait aussi permise de me préparer à toute cette aventure. j’étais comme certains d’entre vous qui m’écrivez, pas du tout sûre de “pouvoir” faire tout ça. pas le courage, pas l’envie. mais l’envie quand même, vous voyez ce que je veux dire? et l’idée du “Surrender” m’a permis de ne pas m’agripper à mes peurs non plus. et cette étape me permet de vivre “plus”, parce que je n’ai plus à éviter mes sensations négatives, inconfortables. je sais maintenant que je peux laisser passer les vagues. les vivre et les embrasser.
J’avais ce mot en tête avant et pendant la colline, mais après la Quest, Jerry avait préparé un collier pour chacun, et Surrender était justement le thème qu’il avait choisi de graver (il en a un pour chaque quest qu’il organise).
encore merci pour tous vos com et votre intérêt pour ces billets. je suis heureuse que vous puissiez y trouver des résonances toutes personnelles. belle route! j’attends vos com!
à demain.