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LA FRATRIE BAMBOU

Une bonne santé bucco-dentaire ça s’entretient. Après un bon Phở*, utilisez une brosse à dent à poils souples pour un brossage doux, avec amour. Prenez environ deux minutes, deux fois par jour pour les brosser de haut en bas pour les dents du haut et de bas en haut pour les dents du bas. La plaque dentaire aime énormément les faces linguales, n’hésitez pas à vous y attarder. Le midi, privilégiez un fruit en fin de repas, tel une pomme pour un nettoyage basique de vos dents et gencive. Si par malheur un morceau de Chả giò** venait à se coincer entre vos dents, préférez le fil dentaire au cure dent en argent, moins esthétique certes mais également moins invasif. Une brosse à dent se change 4 fois par an. Un beau sourire se voit et vous pourrez le partager encore longtemps avec ces gestes simples.

* Soupe vietnamienne

** Pâté Impérial

LA FRATRIE BAMBOU

vous souhaite une merveilleuse année du Singe de Feu

Cung Chúc Tân Xuan Bính Thân 2016

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Trúc-Mai (Fleur de Bambou) – Couleurs
Trúc-Lâm (Forêt de Bambou) – Calligraphie
Trúc-Anh (Bambou Lumineux) – Peinture
Trúc-Minh (le Peuple Bambou) – Conseils Bucco-Dentaires

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On a 1 semaine pour adresser ses voeux de nouvelle année. Alors avec 3 de mes frères (sur la branche bambou), l’un vivant au Vietnam, l’autre à Toulouse, et le 3e, pire encore, de l’autre côté du Canal Saint Martin, on s’est dit qu’on pourrait réunir nos talents pour vous adresser nos meilleurs voeux.

Love!

Thibaut du Mango Bay

hello les darlings,

pour commencer cette nouvelle année du singe de feu, je vous propose de manger viet (les viet, on adore manger, tout le temps)! n’oubliez pas que toute cette semaine va refléter votre année entière. pas de conflit, pas de plans sur la comète, juste des actions simples et aimantes, genre… cuisiner bon! Encore merci au Mango Bay Resort (on reviendra là-bas et à Phu Quoc, c’est promis!) et à son chef Thibaut pour cette leçon fabuleuse! Mmmmmm

kiss kiss

Tight Eyez

Yo! Voilà un an et demi que j’essaie d’écrire ce post. Pfff un an et demi.

… juste…

Peut-être me fallait-il tout ce temps pour remonter le fil des choses et comprendre ce qui alors s’était produit.

Donc on remonte à il y a un an et demi, alors que je participais, souvenez-vous, à ce stage de danse intensif à l’ URBAN DANCE CAMP. j’en avais chié… mais pas que. Vous-vous souvenez?

Pour le cours de Tight Eyez, c’est un peu différent : j’en ai pas chié, j’en ai MEGA CHIE et j’aurais aimé ajouter “mais pas que”, mais cela m’a pris 1 an et demi, donc, pour le trouver ce “mais pas que”!

Donc sans transition, je vous propose une expérience : vous allez vous prendre en selfie, voilà, comme ça, tout.e mignonnet.te, tout.e pas au courant de ce que vous allez voir, tout.e pas au courant de ce qu’est le crump, tout.e même pas au courant que ça s’écrit avec un k.

Ok maintenant vous mettez le selfie à côté de l’écran et vous lancez cette vidéo.

 

Alors? bah voilà, vous à côté de la vidéo, c’était moi au cours de Tight Eyez.

Totalement, totalement… quoi en fait…? Je vois même pas de mot. tellement je suis sur une autre planète. tellement je suis dépassée. tellement mon être tout entier était un “WTF” géant et clignotant, écrit en police 428!

Tight Eyez c’est juste le mec qui a inventé le Krump! (ça veut dire Kingdom Radically Uplifted Mighty Praise)(ouais ok, je sais pas vraiment ce que ça veut dire)

Je veux dire :

1/ On peut inventer une danse

2/ On peut inventer cette danse-là.

Pour ceux qui ont vu l’incroyable film de David La Chapelle, RIZE, Tight Eyez est l’un des principaux protagonistes. Ce mec est une légende (et moi je savais même pas écrire Krump).

Bref… Tight Eyez est arrivé pour donner son cours. Il était d’abord sur le côté, de dos, regardait par terre, un casque vissé sur la tête,  esquissait ses gestes. je ne voyais que son dos mais weuhou, il y avait déjà une sorte de sensation à fleur de peau : Cet homme n’était que danse.

Puis il s’est avancé pour commencer le cours et là, tout le sol semblait trembler. C’était fabuleux et terrifiant.

Totalement envoûtant.

Il y avait un silence totalement médusé des étudiants. Tous les autres profs donnant des cours au UDC à ce moment là étaient venus assister au sien. Tout le monde voulait être son élève. et eux pour le coup riaient parfois nerveusement tellement tout cela était comme inconcevable.

Le stage m’a permis de faire 3 cours avec lui. Ses chorégraphies étaient d’une beauté sauvage et parfaitement hallucinante. C’était incroyablement dur, et la musique… weuhou, je me disais “donc vraiment là, je dois faire le step au moment des coups de feu?!!!!! BOUM. BOUM?!!! SANS DE-CON-NER!!!!!” Pfff, fallait déployer une puissance et une vélocité extrêmes. Fallait boxer en fait! Boxer, boxer et puis tout d’un coup s’envoler… J’oscillais entre désespoir, fou rire et parfois un peu de plaisir quand même.

Voici l’une de ses chorégraphies pendant le stage :

C’est pas hallucinant?!

Avant de commencer le 3e cours, Tight Eyez nous demande de nous assoir. Je vous retranscris sommairement en français. Pardonnez l’approximation (PARCE QUE C’ETAIT IL Y A 1 AN ET DEMI) :

Je vous demande de vous asseoir car je me sens responsable de vous et de l’enseignement que vous allez recevoir de moi. Et pour cela vous devez connaître mon histoire.
J’ai grandi dans les ghettos de LA. Je ne connais pas mon père, ma mère était en prison pour problème de drogue, c’est ma grand-mère qui nous a élevés, mon frère et moi. Mon grand-père nous tapait tout le temps. Il avait des grands poings comme ça, mon grand père.

Et moi je dansais tout le temps. Dans le salon. Au début, je regardais Mickael Jackson à la télé, j’essayais de l’imiter. Et puis ensuite j’ai commencé à inventer mes propres mouvements.

Grâce à la danse, j’ai pu partir de la maison pour étudier. On m’a même appris les techniques du classique. En rentrant chez moi, j’étais devenu grand et fort. mon grand-père a voulu me taper à nouveau, mais cette fois-ci, je l’ai mis par terre. Il était furieux. nous sommes sortis en courant de la maison, avec ma grand-mère et mon frère. Il nous a suivi. J’ai juste eu le temps de protéger mon frère. BOUM. BOUM. J’ai regardé ma grand-mère, elle n’avait rien. Mon petit frère, rien. Le sang coulait pourtant et je me suis dit “bah, je viens de me faire tirer dessus!”

Tight Eyez nous montre alors l’impact de la balle, rentrée d’un côté du bras je crois, et ressortie de l’autre. Je ne sais pas si vous vous rendez compte…

“Je me suis dit que je ne retrouverais jamais l’usage de mon bras et que la danse c’était fini pour moi. et puis finalement on m’a soigné, je suis rentré à la maison et 1 semaine plus tard David La Chapelle sonnait à ma porte. vous connaissez la suite. 

Aujourd’hui, je voyage partout dans le monde pour enseigner le Krump, le mouvement grandit et me dépasse. Mais en vérité, je ne peux pas vous enseigner le Krump. Vous l’avez, ou vous l’avez pas. Moi, je peux vous montrer comment je fais, je peux vous enseigner l’essence du Krump, mais “danser” le Krump, ça je ne peux pas vous le transmettre.

Quand je danse, je suis au maximum de ma souffrance et de ma colère. Et cette souffrance et cette colère, seront toujours là. C’est en moi et ça ne partira jamais. En même temps, que j’ai réussi à leur donner une forme, à les exprimer. Et c’est parce que j’arrive à les exprimer par la danse, que je peux par ailleurs, être là, avec vous aujourd’hui. si calme. 

Alors voilà, pour ce dernier cours, je vous demande de danser avec votre colère.”

BOUM

BOUM

Nous nous sommes levés pour commencer le cours dans un silence respectueux.

La règle donnée était si simple…

si… insurmontable.

J’ai gardé un grand chagrin de ce cours car il m’a ensuite été impossible de danser. Je me sentais illégitime. J’étais pétrifiée. J’étais tellement pétrifiée que je savais même pas que j’étais pétrifiée en fait. Le cours s’est achevé, je n’ai pas dansé. je suis rentrée à Paris. avec le sentiment d’être passée à côté d’une chance. “MAIS PUTAIN TU LE REVERRAS PLUS JAMAIS BORDEL DE MERDE! C’EST FINI MAINTENANT!” Pendant quelques temps, je me suis dit “oh bah tu devais pas avoir assez de colère, c’est juste pas ton truc”. Je savais que je mentais. mais je pouvais juste pas “adresser” ce truc. C’était trop.

Le temps a passé. Cette expérience me revenait régulièrement en tête “ça veut dire quoi ce truc? CA VEUT DIRE QUOI?” Et l’autre jour, alors que j’étais en colère et que je criais très fort (avec le poing sur la table, les yeux exorbités et tout)(faudrait que je me prenne en selfie dans cet état…)(hahahahaha), j’ai compris.

1/ Tight Eyes est le premier à m’avoir démontré que j’en avais de la colère. J’avais été pétrifiée parce que me connecter à cet “espace” me terrorisait. Cela a été assez lent, mais depuis, j’ai compris (avec de l’aide, on en reparle bientôt) que j’en mourrais pas d’aller un peu par là-bas. Je m’autorise à visiter ce truc. à en comprendre les ressorts etc.

2/ Il m’a montré qu’on pouvait lui donner une forme vertueuse. Alors j’ai pas trouvé la mienne, mais ça m’aide le cas échéant à canaliser cette chose qui me terrifiait tellement, et qui malgré tout s’exprimait. et pouvait abîmer ceux que j’aime.

En repensant à lui il y a 2 jours, je l’ai revu, arrivant les yeux baissés, esquissant ses pas avant le cours et j’ai compris aussi… sa timidité. nan mais cet homme, si animal, si puissant, est un grand timide en fait! ça me fait voir sa danse d’une toute autre manière. le beauté a tellement de visages. J’ai compris qu’accepter certains de ses penchants, la colère, la souffrance, cette timidité, n’empêchait pas le dépassement, et que c’était même la condition parfois sine qua non pour grandir. Toucher les âmes.

Et les astres.

BOUM.

1 an et demi. C’est long comme cours non? Merci à vous Tight Eyez pour cet enseignement magnifique.

BOUM

 

Marie

Vous connaissez la règle, retrouver une photo de soi à 20 ans et nous partager ce que l’on ressent. Marie, notre Chic Fille préférée, s’est rencontrée, alors qu’elle était autre. Et elle a quelques mots à nous dire…

 

“Qu’est-ce que je pourrais raconter de mes 20 ans? Qu’est-ce qu’ils auraient pu m’apprendre ces 20 ans là… Je ne suis même pas sûre d’en faire une analyse pertinente, de réussir à les contextualiser pour expliquer ce qu’est ma vie maintenant…

Malgré les quelques modifications physiques des années qui se sont écoulées, malgré l’attitude que je suis plus à même d’adapter en fonction de ce que les autres attendent de mon âge, je ne pense pas être chose que mes 20 ans.

Mais tout de même, si je devais parler de mes 20 ans, j’en dirais quoi?

Après un tri méticuleux, dans l’espoir de tomber sur la perle, des tas de photos relativement médiocres, certaines jolies, d’autres émouvantes, la plupart mal cadrées et assez floues, d’un quotidien qui n’est plus le mien et dont je me sens à la fois proche et loin, je n’en trouve aucune qui pourrait être montrable. Par montrable, je veux dire sur laquelle je serais vraiment jolie et qui me permettait de dire « que ma vingtaine avait de la gueule », un peu comme ces vieilles dames qui gardent un portait d’elle en sépia ou en noir et blanc de leur jeune âge et sur lequel elles sont canon. Chez moi, rien qui pourrait remporter le concours de la photo à mettre dans ma chambre quand je serai vieille pour me la raconter et dire que « moi aussi , j’ai eu mon moment époustouflant».

Je grimace sur quasiment toutes celles que j’ai regardées, si cet âge là était une photo, il serait grimaçant et ne se prendrait pas au sérieux, pas par goût immodéré pour la dérision, non, plus par peur que l’on se moque de moi. Je n’étais pas très à l’aise avec l’idée d’être moi au premier degré. A tout point de vue d’ailleurs.

Je me minimisais et en même temps, je parlais fort et riais à gorge déployée, parce qu’au fond, je ne tenais pas à être mise en valeur et surtout à me prendre trop au sérieux.

J’avais l’impression que rire perpétuellement de moi allait me protéger des moqueries éventuelles de l’autre. Alors sur la photo de ce post, naturellement, je grimace, c’est le soir, dans une Clio et je fume encore des clopes. Mes cheveux ont leur couleur naturelle, j’ai 22 ans, je porte des collant en résille qui avait fait un vague revival en cette année 2001 et une robe aussi, parce que ce soir là, je suis de mariage. De mariage en novembre peut-être, mais de mariage quand même. On fumait des clopes en écourtant Aznavour, Hier encore même (Hier encore j’avais 20 ans, je caressais le temps et jouais de la vie…) c’est dire si le mariage était guilleret… J’espère qu’on a enchaîné avec un « Les démons de minuit » sinon pourquoi avoir 20 ans si c’est pas pour chanter faux sur un tube des années 80… Vous voyez, encore là, je ne peux me raconter au premier degré!

La dérision de mes 20 ans, j’avais appris ça de ma mère, c’était la manière d’être au monde qu’elle m’avait transmise. C’était parfait, ça n’embêtait pas l’autre avec mes lourdeurs (elles étaient nombreuses à 20 ans) et ça ne me mettait pas en danger. Parce qu’à l’intérieur, j’avais la vingtaine un peu grave et, c’était très emmerdant parce que le monde entier semblait me hurler que c’était les plus belles années de ma vie et qu’il s’agissait d’en profiter, le reste étant forcément moins bien que ces 20 ans là… Finalement ce n’était pas vrai, il y’a mieux que 20 ans. Pour le moment, même si je continue à avoir peur de la suite, ça n’a été que mieux. Enfin à peu de choses près, certains moment étant plus graves que d’autres, mais il parait que c’est la vie et puis de toute façon, le grave présente cet avantage d’apprécier la légèreté à sa juste valeur. Mais ce dont je suis certaine, en tous cas à la hauteur de ma vie à moi, c’est que 20 ans c’est pas le mieux . A 20 ans tout se complexifie autour de soi et pourtant on en a encore une lecture simpliste (en tous cas moi, je n’avais pas de lecture subtile de mon environnement, que du noir et du blanc partout, que de la radicalité… C’était fatiguant). Alors plus le temps passe et plus le gris entre dans la vie et je trouve ça bien.

 

J’avais surtout peur à 20 ans… De globalement tout mais surtout de passer à côté de cet âge là, de ses promesses, de ses enjeux, de ses ambitions, de sa témérité assumée, de sa folie, de sa colère, de sa maladresse pour laquelle le monde a de l’indulgence, de sa force en quelque sorte… Et  c’est finalement en me crispant autour de ce qu’on m’avait dit de la vingtaine que je l’ai regardée passer sans trop m’y impliquer.

 

Ce que j’en ai retenu, c’est qu’il faut lutter très tôt contre sa peur, que le courage est une des seules qualités valables, une des seules qui aide pour tout.… Il faut faire de son mieux pour être courageux à 20 ans.

Sandrine Beaudun

Merci, encore merci du fond du coeur pour les centaines de messages laissés ici et là depuis lundi. C’est fou, totalement fou!

je viens aujourd’hui avec une nouvelle artiste, présentée une nouvelle fois par Ateliers d’Art de France pour qui j’avais eu le grand bonheur de filmer les 6 lauréats du Prix de la Jeune Création Métiers d’Art. Sandrine était, comme Anne Laure extrêmement intimidée par la caméra, ses collègues de l’atelier se fichaient d’elle sur l’arrivée imminente de Spielberg (…moi… hahaha) quand je l’ai retrouvée.

“tu préfères pas qu’on se boive un thé? de toute façon après ce sera que du blanc sur blanc… je sais pas comment tu vas faire!”

la beauté de Sandrine est sauvage, intérieure, ses bras ont de la puissance, ses mains attaquent l’eau froide en plein hiver. et en même temps, je l’ai trouvée incroyablement sensuelle, le bleu de ses yeux répondait parfaitement à celui du ciel dehors.

elle a raison, il y a des moments où l’on sait qu’on est à la bonne place!

mille baisers

l’expo #PAPIER sera ouverte au public du 5 fev au 16 avril (toutes les info ici), et comme d’habitude j’ai des places pour vous, pour le soir du vernissage, le 4 février. Anne-Laure Coullomb et Julie Auzillon seront évidemment de la partie aussi. laissez moi un com! 

Glazunov – Chant du menestrel Op.71

Joy!

Photographie de Terri Weifenbach en collaboration avec Diptyque

Etan & me de Viviane Sassen

L’Art de la Joie, Essai sur la Sagesse de Nicolas Go.

 

This last Sunday, while walking past a “I am Charlie” poster. My daughter said: “ So I understand everything that went down, the historical importance and all, but… I would like us to get back to a world in color” (naaaaahhhhhh….. Yeessssss).

 

I attempted to answer her about the mourning time, personal to each, the necessity for some to continue to claim for us all so that we won’t forget.  There is for my part, this emotional ebb and flow that won’t really leave me and at the same time, I understand this need for rebirth, to not loose sight, to not forget life “in colors.”  I get it … I even aspire to it.

 

Furthermore, notice to parents, I have learned since then that we have to keep kids out of this dialogue, because they tend to fully relive the current pain, while for us it’s a little bit different, isnt’ it?

 

Since the terrorist attacks, I think greatly about this magnificent book on The Art of Joy.  I have meant to talk to you about it for a while.  Because I have read and reread it for a long time, stick post-it notes all over it, then forget it and reread it… I wouldn’t pretend to redevelop for you the entire thought process of Nicolas Go, the author, but they always stay with me like a watermark, and more presently for a few weeks now, because his theory is that joy is a sort of resistance when facing horror:  it’s violent already, It’s tough already, so if I loose joy I loose twice.

 

Moreover, he distinguishes in a very interesting manner the joy of happiness.  Happiness to him is a suspension, a parenthesis that obliges us to forget violence:  how can we be happy while knowing about all the violence that surrounds us?  Impossible. Our time of happiness is always counted and finds itself tightly connected to our ability to detach, necessarily ephemeral, while facing the world brutality.  Joy is always within us.  Always there for those who want to believe, sometimes, it’s just necessary to find the way again (like memory).  And when facing a sometimes hopeless world, we only have joy or laughter to fight back.  But if we have that, we have that at least.

 

Ok Tâm, we aren’t going to slip into a black and white world.  We are aware of what is going on, but we will continue to offer a color version.  I find this is a great program, don’t you?

 

Kisses… in colors then!

 

L’Art de la Joie, Essai sur la Sagesse de Nicolas Go.

i am Mai

yyyeeeehhhhhaaaa! bienvenue dans mon nouveau chez moi!!!

je voulais vous décrire environ la totalité des choses qui m’ont fait aboutir à ce médium, mais sans doute que le mieux n’est pas de vous montrer ce qu’il y a à voir et de vous laisser vous promener.

superbytimai m’a permis de me lancer sur “les internets”, mais je n’aurais jamais cru qu’il m’amènerait “à moi”. quelle chose incroyable  de filmer les gens devant leur miroir, pour finalement y trouver son propre reflet. et ce moi, ce mai (btw, ça se dit “maille” les choux)(y a que ma mère qui m’appelle Timai en vrai)(oui je coupe le cordon)(mazel tov tout arrive)(et vous parlez vietnamien maintenant), oui donc ce “moi”, c’est une valeur dynamique, un jeu de construction qui ne s’achève pas. je ne sais pas où je vais, il n’y a pas de plan mais j’y vais bien. et ça me plait tellement.

je voulais vous dire aussi que le blog me permet, on ne le dira jamais assez, des rencontres d’une richesse incroyable. et que tout ceux que je rencontre, vous, mes proches, ceux que je filme, m’inspirent et me nourrissent chaque jour. qu’ils me donnent les crocs, qu’ils me donnent l’exemple, que je trouve dans la rencontre, des résonances incroyablement fortes. et que si ça résonne juste, alors ça vaut tellement le coup de le retransmettre ensuite. Alors c’est ça me semble-t-il ma seule ambition, de rester guidée par cette résonance, en moi, et dans “l’entre-nous” dont nous parlions la semaine dernière. car si on se met à résonner ensemble, ça va être beau, très beau.

voilà, je suis très émue.

J’aimerais remercier mes partners in crime sans qui tout cela n’aurait pas été possible :

> Bastien Coulon, mon incroyable DA qui a dit “avec Mai, quand on fait un point… pouwah, c’est pas pour rien…”

> Nicolas Aresky de Bray et Antoine Delelis de l’agence Symediane, mes talentueux et très patients développeurs  : “c’est pas que j’en doutais, mais… pouwah, avec toi, on a bien bossé…”

> Julie et Sam, mes douces assistantes : “et ce post là, c’est dans “manger bon” ou “mes couleurs”? on met quoi comme tips? ah non on met un émotionne?!!… pouwah, c’est encore loin grand Schtroumpf?!”

> mes frères, Lâm pour ses conseils, Truc-anh, pour l’oeil et la bouche toutes en couleurs et mouvement! et qui vient de me dire “créer c’est comme accoucher de soi-même”… pouwah!

Allez je vous embrasse et reste sur le perron de la porte.

bonne promenade à tous et n’hésitez pas à partager. belle semaine à vous.

 

 

About Intimacy

I was talking to a friend the other day about the evolution of the blog, about what this movie process makes me endure (nothing too heavy) (it’s just that the process is long and as soon as I integrate the time as an essential factor of the creative process)

About everything that it evokes, intimate thoughts, and I hope it is universal for all of you.

 

“We must send you a book then.”

 

“About intimacy – Far from the Noisy Love” has been eye opening for me.  First, reading it was incredible but then, this philosophical publication allowed me to put words on things that I have crossed my mind but that I was unable to apprehend.

 

 

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So what is intimacy?  This thing so difficult to conceptualize because precisely it isn’t “a thought.”  Intimacy isn’t a physical thing which normally isn’t showable or describable in the moral meaning of the word, it’s because I am showing you my breasts (NAH BUT HOW HAVE I NOT EVER SHOWED YOU MY BOOBS!!!!) that I am talking about intimacy, it isn’t either because a celebrity is opening up her “home” in a magazine that she is sharing her real intimacy.

 

Intimacy is not a physical thing, it’s about what’s inside… the interior (Francois Julien notes furthermore that in opposition there is not more on the exterior than the exterior).  Which I understand, that there is an inner space deep inside us, and this space exists whatever happens, and it’s up to each of us to go and explore it.  Or not.  Naturally this speaks to me greatly!

 

Because intimacy is not gentle or soft.  It’s wonderful and violent at the same time.  This is why many make the choice, consciously or not, to never venture going.  “One must dare intimacy.”

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Last week, I did a post on the sublime Elsa, and while researching the last Beauty Portrait I directed, I tracked down Mathilde… 1 year and 3 months earlier!  On my Facebook page, someone gasped out “finally!  I rediscovered the Timai of the beginning” but to be honest, no, I am not the Timai of the beginning!  Hahahahaha, because this blog has allowed me unconsciously to move from Beauty Portrait to seeking for intimacy (which can be seen within the evolution of the tips as well).

And to share it with all of you!

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Also because the 2nd face of intimacy, when used as an adjective – we are “intimate” – there is the notion of the other, the Other, and this space right here “between you and I” is exactly the adventure that I am risking here.  Sometimes I may even find myself lost…. BUT I AM ENTITLED TO IT!

 

SHIT!

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And every so often, the more intimacy, the more sharing, the more intimacy shared, the more my personal intimate space (mental, emotional, etc.) finds itself overwhelmed, and therefore growing.  I was never interested by the blogging phenomenon.  I found it interesting but I wasn’t drawn to it.  Yet frankly after this reading, something opened up, and I find being a blogger to be very beautiful.  To talk about intimacy without aiming for benefit, in any case not to own you; and it’s right then that sharing happens and not to show off, seeking validation, to seduce… to just share, just together.  Because then there is a genesis of “awareness.”  I LOVE IT!

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Yes, it appears that the blog deals back intimacy cards, and that contrary to all beliefs, from what I hear within the echo of your feedback, the blogs, without taking a seat of intimacy which does not exist (I am not your girlfriend, I am not your mother, I am not playing with your kiddos) well, the blogs, not mine but blogs in general, know how to create intimacy.  An intimate space which we may not have known prior.  And isn’t this freaking genius?!!!

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Timing could not have been any better, so good that this discovery allowed me to turn a new page on this blog, because it’s the last post published on superbytimai, which you have known for 5 years.  Say goodbye this weekend because Monday will be another day!

 

I kiss you on both cheeks.  Thank you Jean for this gem.  <3

 

De l’Intime, Loin du Bruyant Amour, de François Jullien

De L’intime

 

L’autre jour je parle à un ami de l’évolution du blog, de ce que le film me fait “en-durer” (rien de pénible)(juste que le processus est long dès lors que j’intègre la durée comme facteur essentiel de la création), de tout ce que cela évoque, invoque d’intime pour moi et, je l’espère, d’universel pour vous.

“il faut que je t’envoie un livre alors”.

“De l’Intime – Loin du Bruyant Amour” a été une révélation pour moi. la lecture d’abord est incroyable mais ensuite, cet ouvrage philosophique m’a permis de mettre des mots sur des choses qui me traversent depuis quelques temps sans que je sache comment les appréhender.

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Alors déjà, c’est quoi l’intime? chose si difficile à conceptualiser puisque justement, elle n’est pas “pensée”. l’intime n’est pas un intérieur qui n’est normalement pas montrable ou dicible, dans le sens moral du terme. c’est pas parce que je vous montre mes seins (NAN MAIS COMMENT CA JE VOUS AI JAMAIS MONTRE MES SEINS!!!), que je vous parle d’intime. ça n’est pas non plus parce qu’une actrice vous ouvre son “chez elle” dans un magazine, qu’elle vous partage un véritable intime.

l’intime n’est pas un intérieur, c’est ce qu’il y a à l’intérieur… de l’intérieur (François Jullien constate d’ailleurs qu’à l’opposé, il n’y a pas de plus extérieur que l’extérieur). ce que je comprends, c’est que c’est un espace intérieur, au plus profond de soi. que cet espace est là, quoiqu’il arrive, mais qu’il revient à chacun de nous d’aller l’explorer. ou pas. et bien sûr, cela me parle tellement!

car l’intime n’a rien de doux et moelleux. il est merveilleux et violent à la fois. c’est pourquoi beaucoup font le choix, conscient ou pas, de ne jamais s’y aventurer. “il faut oser l’intime”

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La semaine dernière, j’ai fait un post sur la sublime Elsa, et en recherchant le dernier Beauty Portrait que j’avais réalisé, je suis remontée à Mathilde… 1 an et 3 mois plus tôt! sur ma page fb, quelqu’un s’est exclamée “enfin! je retrouve la Timai du début” mais à vrai dire, non je ne suis pas la Timai du début! hahahahah. parce que ce blog, m’a justement permis, sans que je le veuille consciemment, de passer du Beauty Portrait à une recherche sur l’Intime (ça se voit pas mal dans l’évolution des tips aussi). et de la partager avec vous!

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parce c’est la 2e face de l’intime, lorsqu’il est adjectif – on est “intime”- il y a la notion de l’autre, de l’Autre, et cet espace là, l”entre” -nous est exactement l’aventure que je tente ici. parfois, il m’arrive de me perdre… MAIS J’AI LE DROIT!

MERDE!

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parfois aussi, plus il y a de l’intime, plus il y a de partage, plus il y a d’intime partagé, plus mon espace intime à moi (mental, émotionnel etc) s’en trouve débordé, et donc grandissant. je n’avais jamais été intéressée par le phénomène du blog. je trouvais cela intéressant mais ne m’y intéressais pas. mais là j’avoue qu’après cette lecture, quelque chose s’est ouvert, et je trouve ça très beau d’être bloggeuse. de vous parler d’intime, sans viser d’intérêt, pas celui de vous faire miens en tout cas; et c’est là où il du partage et non de la démonstration, de la recherche de validation, de la séduction… juste partager. juste ensemble. parce qu’il y a là une genèse de “con”-science. J’ADORE!

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oui, il me semble que le blog redistribue les cartes de l’intime. et que, contrairement à tout ce que l’on pourrait croire, et c’est ce que j’entends dans les résonances de vos commentaires, c’est que le blog, sans prendre une place de l’intime qui n’existe pas (je suis pas votre amie, je suis pas votre mère, je joue pas avec vos mômes) et bien le blog, pas le mien, mais le blog en général, sait créer de l’intime. un intime que peut être on ne connaissait pas avant. c’est pas génial sa mère ça?!!!

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Tout tombe bien, si bien, car cette découverte me permet de tourner une page sur ce blog, car c’est le dernier post publié sur superbytimai, comme vous le connaissez depuis bientôt 5 ans. dîtes lui au revoir ce weekend, car lundi sera un autre jour!

je vous embrasse sur les 2 joues. Merci Jean pour cette merveille. <3

 

De l’Intime, Loin du Bruyant Amour, de François Jullien