merci merci merci pour l’accueil et le débat suscité par la longue vidéo de Spirit Horse. je suis étonnée et émue et honorée par tout l’intérêt donné à cette manière si différente de faire et de penser. merci!
je voulais vous parler de racisme aujourd’hui, car il en est beaucoup question et j’aimerais qu’on puisse y réfléchir et lutter de différentes manières.
1. j’ai déjà eu des réactions racistes
il serait facile de vous dire que je suis francaise d’origine viet, et que cela n’est donc tout simplement pas possible d’être raciste.
oui mais non. nous en avons parlé ensemble, j’étais une enfant très désireuse de plaire. alors je peux vous dire que les clichés “positifs” que l’on adoptait sur les asiatiques, je m’en suis bien servi! jusqu’à me rendre compte que mes identifications personnelles pouvaient abîmer et mes valeurs, anti-racistes donc, et des individualités asiatiques autres que moi et qui n’avaient pas choisi le même chemin de la perfection et de la réussite.
bien pire encore. je vous raconte ca, j’ai encore honte mais autant que mon expérience serve. il y a quelques années j’ai fait une fausse couche. j’étais en guadeloupe et ca a tourné en hémorragie. 3 pompiers, noirs donc, sont venus me sauver. et quand ils sont arrivés dans le jardinet de la maison, j’ai eu un sentiment… de terreur. PUTAIN MAIS ILS VIENNENT TE SAUVER LA LIFE CES HOMMES! j’étais la première surprise de ma réaction et étais horrifiée de ressentir ça, bien plus que de saigner en fait ou d’être momentanément horrifiée par la venue de ces hommes.
ca m’a fait prendre conscience de mes conditionnements inconscients. des monstres endormis qu’il fallait combattre en moi. on parlait de notre mysoginie ordinaire (allo je viens du monde de la cosmétique) et bien visitons comment la société s’infiltre insidieusement aussi sur le plan du racisme. en nous…
2. chez nous
à l’heure où la dédiabolisation du FN fait un carton, notamment parmi les jeunes a qui la société apprend que l’important c’est de réussir (être honnête ou utile ou sage ca aurait été bien mieux), il est important d’aller voir ce film qui met le doigt sur comment les idées populistes s’infiltrent “chez nous”. c’est aussi la première fois qu ce sujet est traité. courrez courrez mais n’y allez pas seuls.
car c’est aussi un très bon stimulus pour débattre ensuite sur les reappropriations sémantiques, comment on construit de la manipulation, ca parle aussi du désir d’être valorisé, quoiqu’il en coûte. ce qui est beau dans le film c’est que l’histoire se relate sans diabolisation, avec bienveillance même. et c’est ce qui permet de maintenir le dialogue. avec des parents, des amis, des enfants paumés. emmenez vos amis.es, vos voisins.es borderline, vos enfants!
les miens sont un peu petit mais j’en ai beaucoup parlé ensuite du film avec eux, et vous encourage à en faire autant. à la fin du film il y avait un débat organisé entre le producteur et Sos Racisme. il y avait une jeune sociologue qui a realise sa thèse sur le fnj. elle a donc bossé “in situ” au front national jeunesse de Paris pendant plusieurs années pour étudier et comprendre tout ce mouvement, et je vous assure que ca encourage à bien dialoguer avec vos momes. car le FN fait un tabac parmi les jeunes générations, pour les raisons évoquées au dessus. ca n’est donc plus du tout des enfants de frontistes qui se retrouvent la bas, non ce sont juste des djeuns qui en veulent, car il y a beaucoup d’opportunités qui leurs sont offertes. il y a désormais une section frontiste a science po. etc.
donc éduquons nos enfants. car beaucoup ne savent pas que le FN est un parti raciste. ils sont attirés par la lumière et l’idée de changer le monde. au putain comme les jeunes djihadistes?! ah ouais, si on ajouté la culture du porn-myso, on a un boulot monstrueux à réaliser, nous parents des années 2010!
donc avec les enfants, apres leur avoir parlé de la séduction efficace mais affreuse du fn, je leur ai montré cette vidéo aussi.
ohlala, it is the first time, except for my upcoming long movie, the Rivers (I’ll come back on that later), that i get confronted to such a complexe edit; i wanted to make cross portraits of Shivam and the people of Spirit Horse who have nurtured me so profoundly during this small eternity amongst them. to be honest, I’ve itw and met Shivam juste after my collapse, for those who remember and did not remember he has said such mesmerizing things. for this video, I also wanted to mix both nature and this wild culture, children who are learning through experimenting and elders “with tears in their eyes”, bodys and spirits, contemplation and transe, silence and music, fluidity and chaos, this kind of wisdom that’s on the edge of craziness. thank you to my talented Thomas Monnet for such great piece of work.
it is quite questioning to hear someone talk so freely about the male-female relationship, and to describe it as creative, not only confrontational, and I hope this will be food for thoughts for all of us. more globally, I find it beautiful to see people who dedicate their lives to their convictions, when they are born into but find themselves so far from our western culture, based on capitalism and patriarchy. hey yeah, what would you do if you had to create a new culture? I find it beautiful too, to get confronted to people who have made other choices than ours (if we can talk about real choices). and if we begin by telling ourselves “this is me because” then maybe we could listen to others, and even understand what other voices have to say. beyond our differences. this is just sacred.
i hope you’ve enjoyed this video, and wait for your com with great impatience. I also hope this long video will make its own journey among your different tribes, for a while. do not hesitate to share and debate. I need your help for that!
thousands of thanks, from the bottom of my heart, to you, Shivam. and long life to Spirit Horse!
ohlala, c’est la première fois, outre le montage des Rivières évidemment (j’y reviens bientôt), que je me confronte à un montage aussi complexe; j’ai voulu croiser les portraits de Shivam et du peuple de Spirit Horse qui m’ont tant nourrie lors de cette petite éternité passée auprès d’eux. à vrai dire, l’itw de Shivam s’est déroulée juste après mon “évanouissement” pour ceux qui se souviennent et je ne me rappelais qu’il avait dit autant de merveilleuses choses. je voulais qu’on y voit la nature et cette culture, les enfants en plein apprentissage par l’expérimentation comme les vieux “aux yeux remplis de larmes”, les corps et les esprits, la contemplation comme la transe, les silences comme la musique, la fluidité comme le chaos, une forme de sagesse qui friserait la folie. merci à mon très talentueux Thomas Monnet pour ce travail d’orfèvre.
c’est troublant d’entendre quelqu’un parler de la relation masculin-féminin de manière aussi frontale, de la décrire de manière créative et non dans l’unique confrontation, et j’espère que cela pourra nourrir vos réflexions. de manière plus générale, je trouve ça beau de voir des gens qui mettent leur vie au service de convictions qui n’ont rien à voir avec celles (enfin peut on parler de convictions?) de la société occidentale classique, capitaliste et patriarcale. bah oui quoi, que feriez vous si vous deviez inventer une nouvelle culture? je trouve ça beau aussi de pouvoir nous frotter avec des gens qui ne font pas les mêmes choix que nous. et si l’on commence à regarder l’autre en se disant “c’est tout moi parce que” et bien peut être que l’on peut commencer à s’écouter et peut être même à s’entendre. par delà nos différences. cette chose est absolument… sacrée.
j’espère que cette vidéo vous a plus, j’attends vos com avec tellement d’impatience. j’espère aussi que cette longue vidéo pourra voyager parmi les vôtres, pendant longtemps. n’hésitez pas à faire tourner. j’ai besoin de vous pour ça!
mille mercis du fond du coeur à vous, à Shivam et longue vie à Spirit Horse!
quelle expérience de rencontrer Antonin et son oeuvre!
je suis arrivée comme très souvent lors de mes tournages : sans préparation. quand Antonin a commencé à sortir ses oeuvres, je ne comprenais pas ce que je voyais jusqu’à ce que je me dise : si, si, c’est bien des cheveux!
arf…
je ne suis d’habitude pas phobique du cheveu “hors crâne”, mais là, je dois avouer que j’ai ressenti une sensation vive… de rejet. un trouble qui m’a moi-même surprise. et puis petit à petit, les mots d’Antonin sont venus, et petit à petit, j’ai vu, et petit à petit, j’ai été éblouie par sa poésie, son message, ses histoires d’amitié tressée pour la vie, de photographie matiérée.
sa diction, sa sensibilité, tout son calme, sa liberté, sans jugement, m’ont emmenée très loin. en sortant j’appelle une amie pour lui raconter ce voyage passant du dégoût à l’enchantement. parfois on peut avoir des émotions négatives, de la peur, de la colère, on en parlait, par exemple, mais dans la peur ou la colère, il peut y avoir une dimension hyper séductrice. mais faire dépasser le dégoût, ses idées préconçues et enfouies sur le fétichisme morbide que peut avoir le cheveu, pour arriver à de la beauté… ça je trouve ça assez génial.
j’ai regretté alors d’avoir jeté les premières boucles de mes enfants ou mes cheveux peroxydés. merci à Antonin pour ce voyage.
Antonin exposera ses pièces aux côtés des 2 autres lauréats du Prix de la Jeune Création Métiers d’Art du 24 avril au 5 août 2017, chez EMPREINTES, 5 Rue de Picardie, 75003 Paris. Il aura également un stand sur le secteur CRAFT du salon MAISON&OBJET, du 8 au 12 septembre 2017.
> We then played with Trump’s arrival to power play “this is so me.”
Eh..ah yeah that adds up at the end. Actually it’s MY subject of the moment and actually…
I have decided to practice anger. I mean “my” anger
and in fact… it’s ok!
1. Boys don’t cry… Girls can’t be angry.
So manifestly, I am helped for that, since Jerry has been anger… teacher HAHAHAHA naaaannn???? Yessssss! I swear, he performed seminars and retreats, etc. around the anger theme. We talked about vulnerability and about our huge difficulty to allow ourselves to be vulnerable. By shame. And that this shame is societally organized by gender. Men must always be strong and women always even, beautiful and mostly always effortless. So boy’s don’t cry, girls can’t be angry!
Jerry tells me that during very simple exercices like “you are set in in a closed room with a baseball bat and pillows” men have no problem beating, while women will start sobbing at the idea of holding a bat in their hands. TO GET ANGRY FOR A WOMEN IS SIMPLY FORBIDDEN! And I find it important that each of us can understand how society activates with him/her in a involuntary manner, but very cunningly and probing (we soon talk about ordinary racism, of misogyny, of spanking…). The image of an angry man is scary, an angry women is made fun of. To forbid anger is a very effective submissive tool. Feminists rise up…in anger!
2. Usefulness of anger.
Still according to Jerry, someone who is never angry (like me)(before), it’s a house with the door and window permanently open: it’s dangerous! Because you let a whole bunch of toxic things get in, without noticing them for what they are. Someone anastrophic (the opposite of catastrophic) is putting themselves in danger without being aware of it.
It’s a… child (carebear type)
So there once again, I talk to the little girl whom you might have difficulty letting go because the anger (I mean the adult anger) is the end of perfection. It’s all of a sudden to head toward your “whole” and no longer your “good.”
3. The practice of anger. Part one. Recognizing it.
Okay, so anger is like fear, it has a purpose but it can be devastating. This is why you don’t go there. But the other day I receive a notification from headspace saying: if you never commit to feeling judged negative how can you understand them?
We all have buttons, levers, which once somehow activated can trigger anger that can be unmanageable. Unmanageable either because they go way too far, or because they get directly shoved under the rug: we don’t manage it.
So the first step for me I think was to accept: well yes I have an anger issue. Then I let it activate itself (not necessarily expressing itself to the other, but at least to be present inside me). Like there was a few people in me: the angry person and the one observing the situation. Within a year I was able to put my finger on those famous buttons. Therefore for me what drives me nuts (I am not saying this is good)(or bad), IT IS WHAT IT IS, well yes for the 3 majors drive of my anger are:
>Contempt
>The perception of ungratefulness from the other
>The feeling that the other wants me for himself without taking in consideration who I am and what I desire. In short being objectified.
These are all perceptions, we are okay, right? But for me it’s huge, it’s absolutelly huge to be able to pinpoint them. And I invite to do the same for yourself.
I also understood that my angers are explosive. It erupts, it possesses me if I don’t evacuate them. Other people are cold and collected in their anger. Others find refuge in addictive attitudes (beauty, drugs etc…). There again it’s up to you to observe yourself.
4. The practice of anger. Part two. Express it.
Ai Wei Wei and his “studies of perspective”
Some people are using their anger very well. Because it’s an absolutely incredible energy flux and if they happen to be able to mount it, well damn that can become very beautiful.
I think of a few artists, we already talked about Tight Eyez for whom it’s very conscious, but you also have people like Maiwen, she is fully angry, isn’t she? Ai Wei Wei as well.
They must be awful to live with, but for the world, they are channeling this anger. And I find this great. Then of course militants. Without anger, there will always be people like Fillon to steal AND to complain about how his being treated (ARE YOU FUCKING KIDDING ME!), racist killer cops (what!? Can’t say negro casually anymore?!), young or old rapist who ask for a light punishment to preserve their future, etc.
You need some anger to stop hate and injustice.
Jerry has at home some images of the goddess Kali. She is furious, tongue out, wears a skull necklace and shows the decapited head of her last victim. She is the goddess of destruction… and creation. And what that she destroys? Ignorance and stupidity. I am not quite at the level where I would worship her, but I think it certainly widely opens some perspectives. Good or whole?!
So evidently, with the man I have, it’s “easy” to get angry. Easy not in the way where I have a lot of reasons be angry all the time but because all the right conditions are met to tell me: go ahead you are entitled to it, you can my darling.
So I allow myself to express my anger in a lot of different situations: going from “you are really exaggerating” to “you tell me/don’t ever do this again” or also in situations where you maintain a constructive dialogue, all the while stating “I am warning you that I am angry, I would like to find a solution together and I believe in it hence why we are talking together but please understand that I am currently angry.”
And more often than not people are very receptive and understanding. That surprised me. So I went further: I forced myself to express my anger systematically. Well holly molly, I saw all that I was never expressing until then… it’s staggering!
But it also feel good to show who you are right at the moment, up to to the other side to be welcoming or not, to understand or not, that there is a dialogue, always a listening ear. You must also accept that your truth might not be manageable for the other side.
In this case I talk about situations where the matter stays safely confined to a situation or given act.
We can go deeper.
5.The practice of anger. Part three. Lose yourself in it (optional).
So there, about two weeks ago (yes that’s why I can’t get myself to write since then… it takes time to digest), for the very first time I was able to explode, cry, scream and smash it all.
And right there is like a trip, I spit it all out ( damn it’s so hard for me), they listen, they agree (yes, it’s true you are right), and they ask for more, more and more. And I go deeper and deeper, always deeper, and then I drift, I am entitled to it and I drift some more, I don’t think it lasted long but still, I keep drifting until I turn around and I realize that I am alone. I find myself on the other side of the bank. You know the bank of the famous “I hate you, all you bunch of motherfuckers” and I see that I am still entitled but that I am alone because I went too far, within me in my anger, but I was entitled to it. And now I can get back on my barge, calmed and come back. Because I am entitled and that they are waiting for me on the other side and they tell me : We understand you. And I am sorry.
There you breakdown in tears, because anger as Aurelie use to tell me talking about her Garry, it’s an emotion of substitution. It’s a door toward an immense grief, then something else will come out of it and once this door will be reached and opened all your sorrow will be able to come out. I swear it makes you feel so good. And better be, whenever it’s possible, go see for yourself instead of blowing up in unfitting situations ( oops, your best friend’s wedding where you got into a fight “because you were so drunk”), or simply unfair (oops, your kid or your relationship gets the brunt of it), etc, etc.
6. conséquences
Bah, life is richer, but also more complex. It’s the famous amp button: you turn the dial of all your emotions louder or lower.
It’s therefore a life choice, but for me who is always seeking for this exploration of the intimate, well it makes sense.
And it’s less comfortable to announce no matter what, it’s okay, life is beautiful, while this is not always possible for yourself and evidently as well as for the other.
Also, we aren’t compelled to welcome anger spouts from the other, but it’s a wall that we can climb together too and with welcoming it, this becomes a fun adventure.
Then sometimes I have to tell you, at the end of the journey on the barge, you not only find the calm after emptying your emotional luggage (which is already huge in itself) but there can also be some kind of reparation, because it’s only after this journey that you can see clearer between the event that got you angry and a whole lot of other affairs… which become your responsibility to sort out and there is not only healing and repairs (which is even bigger), there is gratitude and always caring and sometimes to find them it’s not exactly a straight line and absolutely no short cut. It requires this journey, so there you go, I hope this post will help you on your own journey. In my case I am about to turn forty year old in a few days, and I am doing some spring cleaning before.
yesterday one of you wrote “¡Esteroides, esteroides, esteroides!”: el invicto Floyd Mayweather afirma que ‘Canelo’ Álvarez podría “no haber estado limpio en muchos combates” – RT sostenon 250 para que sirve un ciclista da positivo por esteroides… a sus 90 años me : as long as you keep walking, you can see the way.
life goes on, with us all. we meet each other, we try to live. together. on earth. .
hahahahah, ce titre est écrit en Arial 80 et clignote bien sûr! car aujourd’hui, j’aimerais vous parler de COLERE! rhaaaaaaaaaa! sujet qui finalement ponctue ce blog depuis 1 an, car si je récapépète :
> je me suis avoué l’année dernière seulement qu’il y avait de la colère en moi (à 38 ans)(38 années à ne pas voir les choses!)(pfff)
> on a ensuite joué avec l’arrivée de Trump au pouvoir au jeu “c’est tout moi”.
euh… ah ouais, ça fait pas mal quand même. en fait, c’est MON sujet du moment. et en fait…
j’ai décidé de pratiquer la colère. je veux dire “ma” colère.
et en fait… ça va!
1. Boys don’t cry… Girls can’t be angry
Alors évidemment, je suis aidée pour ça, puisque Jerry a été professeur de… colère… HAHAHAHA naaaannnn??? siiiiiii! si je vous jure, il a réalisé des séminaires et retraites etc sur le thème de la colère. Nous avions parlé de la vulnérabilité et de notre grande difficulté à nous montrer vulnérables. par honte. et que cette honte est sociétalement organisée par genre. les hommes doivent toujours être forts, les femmes, toujours lisses, belles, et surtout sans effort apparents. Donc boys down’t cry, grils can’t get angry!
ainsi Jerry me raconte que sur des exercices très simples de “on te met dans une salle confinée avec une batte de baseball et des coussins”, les hommes n’ont aucun problème à taper pour laisser leur colère s’exprimer dans un lieu safe, alors que les femmes vont se à mettre sangloter juste à l’idée de prendre la batte dans leurs mains. SE METTRE EN COLERE POUR UNE FEMME C’EST JUSTE INTERDIT! et je trouve important que chacun.e puisse comprendre comment la société s’active en lui.elle de manière involontaire, mais tout à fait sournoise et probante (on parle bientôt de racisme ordinaire, de misogynie, de fessée…). l’image d’un homme en colère fait peur, une femme en colère est elle ridiculisée. interdire la colère est un outil de soumission extrêmement efficace. féministes levez vous… en colère!
2. L’utilité de la colère
Selon Jerry toujours, quelqu’un qui n’est jamais en colère (genre moi)(avant), c’est comme une maison avec la porte et les fenêtres ouvertes en permanence : c’est dangereux! parce que tu laisses tout un tas de choses toxiques rentrer, sans même les voir comme telles. Quelqu’un d’anastrophique (contraire de catastrophique) se met en danger sans en être conscient.
c’est un… enfant (de type bisounours)
Donc là encore une fois, je parle à la petite fille que vous avez peut être du mal à quitter car la colère (d’adulte j’entends) c’est la fin de la perfection. c’est tout d’un coup s’acheminer vers son “whole” et non plus simplement son “good”.
3. pratique de la colère. 1ère partie. la reconnaitre.
donc bon la colère, c’est comme la peur, ça a une utilité mais ça peut être dévastateur. c’est pour ça qu’on n’y va pas. mais l’autre jour je reçois une notification de headspace disant : si vous n’investissez jamais des sentiments jugés comme négatifs, comment pouvez vous les comprendre? cqfd
nous avons tous.tes des boutons, des leviers, qui une fois activés, déclenchent, on ne sait comment des colères parfois ingérables. ingérables soit parce qu’allant beaucoup trop loin, soit parce qu’au contraire mises directement sous le tapis : on ne la gère pas.
Donc la première étape je pense pour moi ça a été d’accepter : bah oui j’ai de la colère. ensuite, je l’ai laissée s’activer (pas forcément s’exprimer, à l’autre, mais au moins être présente en moi). comme ça il y avait plusieurs personnes en moi : la personne en colère et l’observatrice de la situation. sur une année, j’ai donc pu mettre le doigt sur les fameux boutons. Donc pour moi, ce qui me fout en l’air (je dis pas que c’est bien) (ou mal), c’EST, donc oui pour moi les 4 moteurs principaux de ma colère sont :
> le mépris
> la perception d’ingratitude chez l’autre
> avoir été jugée injustement
> le sentiment que l’autre me veut pour lui.elle sans tenir compte de qui je suis, désire. être objectivée quoi.
tout ça ne sont que des perceptions, on est okay, hein? mais pour moi, c’est énorme, c’est absolument énorme de pouvoir mettre le doigt dessus. et je vous invite à en faire autant pour vous.
j’ai aussi compris que mes colère sont explosives. ça fait irruption, ça m’obsède si je n’évacue pas. d’autres personnes sont froides et calmes dans leur colère. d’autres encore se réfugient dans des attitudes addictives (beauté, drogues etc…). là encore à vous de vous observer.
4. pratique de la colère. 2e partie. l’exprimer.
Ai Wei Wei et ses “études de perspective”
alors certaines personnes utilisent leur colère très très bien. car c’est un flux d’énergie absolument incroyable et s’il vous arrive de pouvoir le chevaucher, et bah piting, ça peut carrément devenir très beau.
je pense ainsi à pas mal d’artistes, nous avons parlé de Tight Eyez, pour qui c’est vraiment conscient, mais vous avez aussi des gens comme Maiwen, elle est bien en colère elle non? Ai Weiwei aussi. Et bien, il doivent être épouvantables à vivre, mais pour le monde, ils en font quelque chose de cette colère. et je trouve ça bien. et puis bien sûr les militants. sans colère, il y aura toujours des Fillon pour voler ET se plaindre du sort qu’on lui fait (NAN MAIS SANS DECONNER!), des policiers tueurs et racistes (nan mais quoi on peut plus dire bamboula tranquille?!), des jeunes, ou des vieux, qui violent ET demandent à ce qu’on les punisse pas trop pour préserver leur avenir, etc.
il en faut de la colère pour arrêter la haine et l’injustice.
Jerry a chez lui des images de la Déesse Kali. elle est furieuse, tire la langue, porte un collier de crânes autour du cou, et montre la tête décapitée de sa dernière victime. c’est la déesse de la destruction… et de la création. et que détruit elle? l’ignorance et la bêtise. j’en suis pas encore à vénérer Kali, mais ça ouvre vachement de perspectives je trouve. good or whole?!
Alors évidemment, avec l’homme que j’ai, c’est “facile” de me mettre en colère. facile pas dans le sens où les stimuli sont nombreux pour me foutre en rogne tout le temps, mais parce que les conditions sont réunies pour me dire : tu as le droit. vas y, tu peux ma chérie.
je me suis donc autorisée à exprimer ma colère dans plein de situations différentes : allant de “je crois qu’on s’est ps bien compris”, à “tu déconnes là” à “tu me dis/fais plus jamais ça” ou bien aussi des situations où tu maintiens un dialogue constructif, tout en déclarant, “je vous préviens je suis en colère, j’aimerais qu’on trouve une solution ensemble, et j’y crois et c’est pour ça qu’on parle, mais voilà, sachez que je suis présentement en colère.”
et en fait, les gens sont presque tous hyper réceptifs. compréhensifs. ça m’a surprise. alors je suis allée plus loin : je me suis obligée à exprimer ma colère systématiquement. et bah la vache, j’ai vu tout ce que je n’exprimais pas jusqu’alors… c’est vertigineux!
mais ça aussi ça fait du bien. montrer qui tu es, au moment présent. après libre en face d’accueillir ou pas. de comprendre ou pas qu’il y a dialogue, qu’il y a toujours une écoute. il faut aussi accepter que ta vérité ne soit pas gérable en face (avec les 2 options de l’ingérable mentionnées plus haut).
mais là, je vous parle de situations où la chose reste bien circonscrite à une situation/acte donné.e.
on peut aller plus loin.
5. pratique de la colère. 3ème partie. se perdre (optionnel).
et donc là, il y a trois semaines (oui c’est pour ça que je n’arrive pas à écrire depuis… faut du temps pour digérer), pour la première fois j’ai pu exploser, et pleurer, et hurler, et taper, et tout.
et tout
et là c’est comme un voyage. je crache le morceau (la vache comme ça m’est difficile), et on m’écoute, et on acquiesce (oui c’est vrai, tu as raison), et on m’en demande même plus. plus. plus. encore plus. et moi j’ y vais, loin, loin, toujours plus loin. et puis je dérive, j’ai le droit et je dérive encore. ça doit pas durer si longtemps, mais peut être quand même. je dérive et à un moment je me retourne et je vois que je suis seule. je me retrouve sur l’autre rive. tu sais la rive du très fameux “je vous déteste tous bandes d’enculés” et je vois que j’ai toujours le droit mais que tu suis seule, parce que je suis allée trop loin, en moi, dans “ma” colère, mais que j’avais le droit. et donc je peux reprendre ma barque, apaisée, et revenir. parce que j’ai le droit aussi. et qu’on m’attend de l’autre côté et qu’on me dit : je te comprends. et je suis désolé.e.
et là tu fonds en larmes, parce que la colère, comme me le disait Aurélie parlant de son Garry, c’est une émotion de substitution. c’est une porte vers un grand chagrin. et alors autre chose va encore émerger. et une fois que cette porte là sera atteinte, puis ouverte. toute ta peine va pouvoir sortir.
et je vous jure, ça fait un bien fou.
et mieux vaut, quand cela est possible, allez voir là bas si t’y es que d’éclater dans des situations qui ne sont pas adéquates (oups le mariage de ta.ton meilleur.e ami.e où tu t’es battu.e “parce que” ivre mort.e)!), ou injuste (oups ton môme ou ton ménage qui trinque), etc, etc.
6. conséquences
bah la vie est plus riche, mais plus complexe aussi. c’est le fameux bouton de l’ampli : tu augmentes le son de toutes les émotions, ou tu baisses le son de toutes les émotions.
c’est donc un choix de vie. mais pour moi qui cherche toujours cette exploration de l’intime, et bien ça fait sens.
et donc, c’est moins confort que de déclarer quoiqu’il arrive, c’est pas grave : la vie est belle. et ça n’est aussi pas toujours possible. pour soi, comme évidemment pour l’autre.
Et puis, nous ne sommes pas obligés d’accueillir les colères de l’autre. mais c’est un mur que l’on peut gravir ensemble, aussi, et dans l’accueil. c’est une drôle d’aventure.
et puis, parfois aussi, il faut que je vous dise, au bout du voyage sur la barque, il n’y a pas que de l’apaisement de vidage de sac (ce qui est déjà énorme), il peut aussi y avoir de la réparation parce que ça n’est qu’après ce voyage que tu peux faire la part des choses entre l’évènement qui t’as mis.e en colère et tout un tas d’autres dossiers… qu’il t’incombe désormais de régler. et il n’y a alors pas que de l’apaisement et de la réparation (ce qui est déjà encore plus énorme), il y a de la gratitude, et de la bienveillance. toujours. et parfois pour les trouver, il n’y a pas de ligne droite et surtout pas de raccourci. cela demande tout ce voyage.
voilà, j’espère que ce post pourra vous aider dans votre chemin. pour ma part, je vais avoir 40 ans dans quelques jours. et il semblerait que je fasse le ménage. avant.
long time no see… je vous raconterai! Encore merci, merci, merci pour tous vos messages et partages sur la vidéo d’Aurélie. pffff, MERCI!
j’ouvre aujourd’hui et avec grande joie, le bal d’une nouvelle série de portraits d’artisans pour Ateliers d’Art de France.
Filmer Maxime m’a autant éblouie que questionnée. Car il y a un brin de noirceur dans le plumage majestueux de son travail. J’A-DORE! un mélange aussi masculin/féminin qui donne à la fois de la tension et une poésie infinies à ses collaborations (puisqu’il n’aime que ça, co-créer).
Bon évidemment j’étais impressionnée par la beauté de son travail, l’attention infinie, la lutte avec son médium pour parvenir à ses fins, l’ampleur de sa carrière aussi, notamment vu son très jeune âge, puisqu’il a déjà plusieurs expo en solo, une moto au Palais de Tokyo (pas loin du Serpent d’Or de Mathias Kiss d’ailleurs), des robes pour Jean Paul Gaultier, des cours, une marque. etc. etc. etc.
Mais ce qui m’a touchée davantage c’est lui justement. Parler de son boulot devant une caméra n’est pas simple. et il y avait chez Maxime beaucoup d’assurance et en même temps de fragilité. d’une certaine manière j’avais l’impression que Maxime connaissait une part de sa majesté mais pas encore toute son ampleur. il y a la parade et il y a l’être, n’est ce pas? le montage a du coup été long parce que cette histoire que je voulais explorer n’était qu’en filigrane. et m’est d’avis que l’oiseau est encore plus beau qu’il ne le croit!
Maxime exposera ses pièces aux côtés des 2 autres lauréats du Prix de la Jeune Création Métiers d’Art du 24 avril au 5 août 2017, chez EMPREINTES, 5 Rue de Picardie, 75003 Paris. Il aura également un stand sur Révélations du 4 au 8 mai 2017 au Grand Palais.
Merci infiniment pour cette rencontre, j’espère que cette vidéo vous a plu. N’hésitez pas à partager!